Le retour du fils des travaux de l’enfer

22. septembre 2010

Le directeur des travaux de Albi a changé de chantier! Il travaille désormais sur l’autoroute entre Pau et Toulouse.

Des personnes issues d’un milieu autorisé ont pu me donner une transcription de sa première journée:

- Salut les gars! J’ai une super idée…(à dire avec l’air de celui qui vient de retrouver la masse manquante de l’univers)
- Ah ouais?
- Ouais! un truc de psychopathe! Plutôt que de faire des travaux tout au long de l’année sur une seule section à la fois, on va les faire TOUS en même temps!
- Euh…
- Mais oui c’est ultime!! Plus besoin du truc avec des jours dessus du coup la!
- Un calendrier?
- Oui voila. En plus on ne dira pas sur quelle section on travaille. On les met toutes en travaux et on bosse par ordre de pagaille sur une seule section à la fois.

Et croyez le ou non mais ils ont validé sa décision. Du coup, je me suis tapé un aller/retour Toulouse/Pau au rythme de croisière d’un tricycle, le cul de la voiture de devant sur mon pare-brise.

J’ai donc pu m’émerveiller devant la poésie chaotique de sections entières sur une seule voie avec comme seule compagnie de superbes plots orange et blancs.

J’ai eu droit à toutes les options en plus: du classique mono-voie jusqu’au package gold avec le changement de coté ou on se retrouve gentiment en contre-sens avec juste nos amis les plots chatoyants pour faire la sécurité (et de temps en temps un courageux panneau “double-sens”, des fois que la file de voitures en contre-sens n’ait pas éveillé en nous un soupçon sur le sujet).

J’ai toutefois pu noter plusieurs choses : de manière assez générale, le gars qui pose les plots de droite en met en moyenne un tout les 3 traits alors que celui de gauche se lâche méchamment en en mettant un tout les 2 traits!!! On est limite la bave aux lèvres devant une telle découverte (et on pourra noter au passage l’état psychologique à atteindre pour commencer à faire attention à ce genre de détails croustillants. D’autant plus qu’il faut arriver à effectuer ses statistiques au travers de la brousse qui sert de séparation naturelle).

Après reste la question du pourquoi, malgré les 22 blocages de sections, les travaux n’ont finalement lieu que sur une seule section. A mon avis, c’est le plan Vigipirate qui veut ça. En effet, ainsi si des terroristes veulent attaquer les courageux ouvriers qui vont défendre nos intérêts sur ces sections exposés au danger, ils ne sauront pas ou frapper! 

C’est beau un plan stratégique si bien ficelé.

Philo