Le moment mou

30. août 2013

Je suis un créatif. Pas au sens où les gens l’entendent d’habitude toutefois. Je ne suis pas bon dessinateur par exemple. Les dernières personnes qui ont vu un dessin que j’avais réalisé ont entamé une retraite dans un monastère après avoir passé plusieurs jours à courir nu dans la rue en criant « Le diable existe j’ai vu ses entrailles récemment ». De même je ne suis pas musicien. Je ne sais même pas siffler. Demandez à  mes collègues ce dont je suis capable quand j’essaye. Cela ressemble à un appeau à ultra-sons plus qu’à un son radieux et agréable.

Pour autant, je suis un créatif mais j’exprime ma créativité différemment, par le code, par la création d’applications et de frameworks que j’adore peaufiner, améliorer et confronter à des utilisateurs. Rien ne me plait plus que de lire des commentaires de personnes qui se servent de mes outils et qui les apprécient. C’est par ce biais que j’exprime cette énergie bouillonnante.


La dernière en date c’est l’ajout des bones à babylon.js (www.babylonjs.com)  mon moteur 3D temps réel pour le web dont je ne suis pas peu fier (au passage les bones pour les béotiens c’est ca : http://www.babylonjs.com/index.html?10). Quand je crée, que je peaufine ou que je bosse sur mon code, je passe dans un mode un peu particulier. En gros, 2% de mes neurones restent affectés au tout-venant (manger, dormir, faire sembler d’écouter ma femme, avoir un semblant de vie sociale, etc…). Les 98 autres pourcents sont intégralement dédiés au développement du code que je suis en train d’écrire. Ma femme adore quand je suis dans ce mode car elle sent bien qu’elle a toute mon attention. Je suis d’une exquise compagnie dans ces moments, surtout s’il s’avère que j’ai un bug à corriger. Je concours alors à l’oscar de l’homme invisible. D’ailleurs si on doit sortir pour aller au restaurant par exemple, elle prend maintenant la précaution de demander si j’ai un bug ou pas pour savoir si elle dinera seule ou avec moi.


Le problème c’est que toute cette belle énergie crée une dépression lorsque la fonctionnalité à produire est prête. C’est alors le moment mou ! 98% de mon cerveau se retrouve sans but, inerte et je ressemble alors plus à un homme politique sur les bancs de l’assemblée qu’à un super créateur de code en pleine possession de ses moyens. Je me déplace alors plus par reptation qu’en marchant allant mollement de mon lit au canapé à mon bureau. Je suis une grosse limace molle qui erre dans le désert d’un univers où il n’y a rien à coder.


Pourtant à l’intérieur c’est le branle-bas de combat :
- La Décision : Bon les gars, on est dans un instant mou, il faut prendre une décision. Donnez-moi une vision claire de nos options !
- La Créativité : Bordel mais on a deux millions de trucs à faire : les lens flares, le morphing pour babylon.js, ranger les cartes Magic par ordre de progression colorimétrique inverse, porter Collecto sur Win8, porter Urzagatherer sur Windows Phone, (s’en suit une liste longue de plusieurs heures de trucs TropCoolAFaire©)…
- Représentant officiel de ma femme (seule membre extérieur autorisé à siéger au comité de pilotage par la force de son pouvoir « Derrière l’Oreille ») : Ouais bof, je ne suis pas super jouasse avec l’idée de repartir en mode débile en fait.
- L’esprit Geek : Mais sans déc les mecs, il y a Atlantic Rim au ciné, apparemment c’est des gros aliens qui se font attaquer par des robots de l’espace. Ca doit juste être ultime !!
- La Décision : Enorme ! Je suis assez fan. On est comment niveau corps ?
- Le Corps : Bon ben niveau réserves, on a environ 34 ans d’avance sur le stock de gras. Après pour le reste niveau musculaire, on doit pouvoir faire 20 mètres avant l’épuisement et la mort par inanition. Cela devrait suffire pour aller jusqu’à la voiture.
- La Décision : Chaud. Ça va être tendu si on ne peut pas se garer devant l’entrée du cinéma.
- L’esprit Geek : Sinon on peut glander sur Facebook/Twitter en bavant ?
- La Décision : Deal !


Et cela peut durer des jours. Je note toutefois qu’au final c’est la Créativité qui finit toujours par gagner !

Divers, Philo

De l'art de garder son calme...

23. août 2013

C'était mon anniversaire cette semaine et même si je pourrai vous parler de mon espoir impatient de voir la science progresser afin que je devienne immortel, ce n'est pas de cela dont je voudrais discourir ici.

En fait je me suis offert un cadeau un peu particulier. En tant que geek de classe Vega, je suis fan de cartes Magic et surtout j’en suis collectionneur. Collectionneur, c’est un état d’esprit, un art de vivre et seuls les collectionneurs sont à même de comprendre un autre collectionneur.

Toujours est-il que je me suis offert une carte très rare. Elle et moi c’était une histoire longue de plusieurs mois. On se sentait le cul depuis très longtemps, on se tournait autour, faisant semblant de ne pas nous voir. Bien sûr les regards échangés ne trompaient personne. On était fait l’un pour l’autre et par là il faut bien sur comprendre que les euros de mon compte étaient faits pour rejoindre ceux d’un obscur vendeur teuton nommé bien justement « Alexy456 ».

Bref, me délestant d’une somme honteuse, je passais donc commande auprès de ce fier germain. La téléportation n’ayant pas encore été inventée (Il faudra d’ailleurs que je fourre mon nez là-dedans car je ne sais pas ce que branlent les scientifiques mais cela commence à devenir légèrement long là et cela ruine mes plans de vivre à la montagne tout en travaillant à Paris. D’autant plus que dans tous les documentaires scientifiques que je regarde ils y arrivent facilement. Par exemple dans un épisode de Star Trek visionné récemment, ils montent un téléporteur avec une gencive de gnou et un poste radio. Cela ne doit pas être bien dur de facto. Mais refermons là cette tentative de parenthèse la plus longue du monde et reprenons notre récit haletant), ce pauvre Alexy456 a dû, le désespoir dans le cœur, se rabattre sur un envoi postal.

Comme je dois travailler pour me payer des cartes nourrir ma famille, je n’étais pas là le jour ou le charmant agent postal est venu sonner à ma porte pour me remettre la missive tant attendue. Il me laissa donc un adorable avis de passage, écrit sans doute sous les bombes avec un bras mutilé et de nuit. Après expertise par un ami spécialiste des civilisations précolombiennes, il semblait que cet exquis monsieur me signalait que mon courrier serait disponible au bureau de poste proche (selon les normes de Jupiter) de chez moi.

Prévoyant que je suis, je posais donc un RTT afin de trouver un horaire compatible avec cette noble institution. Tout bouillant d’excitation je me présentais donc à l’officine en question ou je découvrais une queue de 19 personnes et un seul guichet ouvert. Je me disais le cœur rempli d’amour pour l’humanité qu’il est bien naturel que les agents de la Poste prenne des congés même si apparemment ils les prenaient tous en même temps afin de garantir le meilleur service possible.

Après vingt minutes d’attente, le ciel s’ouvrit, une lumière divine vint nous nimber et d’une porte derrière le comptoir un SECOND agent de la Poste arriva. Malgré la joie et l’allégresse qui régnaient alors, je pus distinguer que ce dernier posa nonchalamment un magazine « Entrevue » sous son comptoir. Alors bien sur loin de moi l’idée de croire qu’il était en train de ne pas en tirer une dans son arrière-boutique, je ne fais que relater les faits de manière froide et détachée. Il est évident qu’il devait se servir de cet ouvrage pour améliorer sa connaissance des processus de livraison ou encore qu’il le lisait pour mieux appréhender la logistique et le traitement des clients en heures creuses. Sans aucun doute.

Quarante minutes plus tard, j’arrivais finalement en terre promise, tendant fébrilement mon sésame. Le receveur me demandant avec la délicatesse d’un rhinocéros ayant des hémorroïdes ma pièce d’identité. J’étais alors à cet instant patience et amour rassemblés en un seul être. Mais, par la force du kungfu que je pratique à haute dose dans toutes les BDs que je lis, je restais de marbre.

Le coup de grâce arriva quand il me demanda ce que pouvait bien contenir cette lettre en provenance d’Allemagne et ceci en m’appelant par mon prénom (qu’il avait eu l’insigne finesse de voir sur ma carte d’identité) car apparemment nous avions été tout deux éleveurs porcins dans les Landes lorsque nous étions jeunes. Ma réponse draina en moi toute la grâce que l’évolution a su placer dans notre héritage génétique en partant depuis les dinosaures. Forte de cette énergie elle passa le firewall de mon éducation et gerba sur la tronche médusée de mon si taquin interlocuteur.

Tout ça pour dire que je me suis offert une carte Magic et que j’ai passé un super Vendredi matin

Philo

Pourquoi j’ai adoré Pacific Rim

21. août 2013

Retrouver son blog après plus de 2 ans d’absence c’est un peu comme revoir un vieux pote de fac après 10 ans sans nouvelle: On est un peu gêné de ne pas s’être contacté avant mais on est aussi content de voir qu’on a encore plein de choses à se raconter.

Tout ça pour dire que suite à une discussion avec des copains aujourd’hui je me suis dis que j’allais reprendre mon blog personnel pour continuer à rependre le jus de ma pensée sur la salade de la vie et de l’humanité (au moins…).

Et pour recommencer sur un sujet de société, je voulais parler de Pacific Rim.

Je voudrais expliquer pourquoi j’ai adoré. Parce que apparemment c’est un mauvais film. Et bien moi je ne pense pas. Effectivement si vous voulez voir un film ou l’on parle de la place de la femme dans la culture sub-mésopotamique, vous allez aux devants d’une grosse déception. Le scénario de Pacific Rim, c’est en gros (ou même en fin, ca marche aussi): Goldorak qui défonce sa gueule à Godzilla et ses cousins. Voila, no more, pas de morale, pas de second degré, rien.

Et pour autant j’ai adoré. Déjà, d’aucuns diraient que je suis bon public. Oui un peu. Forcément filez un gros film de robots à un geek, il va déjà partir avec un apriori positif. Mais pour moi Pacific Rim c’est plus que ça. C’est l’arène et les gladiateurs modernes. En effet, qui n’a pas eu envie, un soir, après une journée de merdasse d’enfiler sa vibro-armure, de la mettre en mode génocide et d’aller massacrer tous les conna… qui nous pètent les noyaux à longueur de journée. Bien sur, je suis un gentil et j’ai des valeurs (et ce qui compte c’est les valeurs) donc je laisse cela au fond de mon cerveau reptilien. Et je ne suis pas le seul. Tout le monde (ou presque) fait ça. Mais parfois ça gratte et le cerveau reptilien, il a besoin d’aller se relâcher un peu de toute la pression qu’on lui colle dans les râteaux. Les romains l’avaient bien compris. C’est pourquoi ils avaient les gladiateurs. Pas de scénario non plus ici amis de l’académie Française. Du sang, des boyaux, de la tête qui tombe fraichement décapitée à la lame de 12. C’est direct, c’est profond, c’est bestial.

Ben Pacific Rim c’est pareil. Avec en plus du gros son qui tâche, bien lourd et salissant. Et quand on se laisse faire, on ressort de là reposé du cerveau reptilien. Et sachez le, cela fait du bien.

Philo