Pinailleur

27. septembre 2013

Je suis clairement un pinailleur ou plutôt un méticuleux (merci aux copains pour m'avoir fait enlever perfectionniste).

D’ailleurs si vous me permettez une digression (formule purement rhétorique puisque si vous ne me le permettez pas je continue quand même. Mais bon pour vous donner une impression de pouvoir, je fais des efforts. Ne me remerciez pas je suis comme ça), j’ai toujours trouvé drôle les gens qui lors des entretiens d’embauche répondent « je suis perfectionniste » à la question « Citez un de vos défauts ». Mais bien sûr, prend moi pour un con. Que tu dises « J’aime manger des chips poivrés dans des chaussons en peau », ça oui c’est un vrai défaut. Là tu t’assumes mon gars ! Mais ton « je suis perfectionniste » c’est tout mou, c’est pas bon ça coco.

Bref, je m’emballe.

Donc je suis un méticuleux et vous l’aurez compris, pour moi, c’est une qualité. J’ADORE passer des heures à pinailler sur la position d’une icone dans mes applications ou encore à me demander si le fond serait mieux en taupe ou en marron de Madagascar par temps de pluie. Ce qui est drôle c’est que lorsque ma femme fait la même chose avec les rideaux j’ai une grosse tendance à m’en battre les noix avec une brosse à bois. Mais pour autant dans mes applications cela me touche. Je suis un grand sensible mais un sensible sélectif.

Je trouve que c’est presque un art et un vrai plaisir de chercher la petite bête et surtout de réfléchir au pourquoi là je mets un bouton mais là je mets un slider.

Je considère le développement comme un art et une manière d’exprimer notre créativité. Et finalement nous sommes (nous les développeurs) comme des artistes, on peut revenir sans cesse sur notre application sans jamais arriver à atteindre la perfection recherchée. Comme dit l’expression : « cents fois sur le métier tu remettras ton ouvrage ». Et c'est exactement ce que je fais. Je sors mes applications et sans cesse je leur rajoute des fonctionnalités, je les mets à jour, je change des comportements rejetés par les utilisateurs et je ressors de nouvelles versions. Je crois en la vertu de confronter son oeuvre à sa cible.

Alors forcément après on a les artistans et on a aussi les peintres en bâtiment du code voire même les industriels du code.  Je ne critique pas notez-le bien. Je constate.

Divers

Je vis en ville...

14. septembre 2013

Je vis en ville. C’est une erreur je m’en rends compte mais si je ne veux pas passer un quart de ma vie dans une voiture je n’ai pas le choix.


Cet état de fait en entraine un autre. Je vis dans le bruit. Constamment. De la mobylette modifiée pour gagner 2kms/h à la machine de nettoyage des rues qui sur ma ville passe tellement souvent qu’ils arrivent à générer une couche constante de produits nettoyants sur les trottoirs, il y a toujours du bruit.


Il se trouve que par un parfait alignement des planètes le jour de ma naissance, je déteste le bruit. Cela peut me rendre complètement débile. Plus il y a de bruit et plus je deviens con. Et selon les expériences récentes, le système ne semble pas borné.
Heureusement (pour moi) mon éducation et la pression sociale garde la bête en cage.


Prenons par exemple ce charmant week-end que je suis en train de passer. Tranquillement en train de flâner sur mon ordinateur, je suis doucement tirer de ma torpeur par une armée d’abrutis qui passent discrètement  sous MA PUTAIN DE FENETRE avec des voitures de courses en location en prenant bien soin de faire passer leur accélérateur à travers le plancher de la voiture. Ceci bien sûr pour produire le plus gros boucan possible, merci.
Alors là, la bête elle me dit : « Tranquille Robert (elle m’appelle Robert pour une raison qui m’échappe), on va gentiment aller s’acheter un jeu de boules de pétanques et on va leur faire une démonstration scientifique de la poussée gravitationnelle. En bonus, ils pourront s’amuser à déterminer la forme géométrique engendrée par une boule de métal enfoncée dans le capot d’une Porsche. Cela sera charmant. »


Je ne cède toutefois pas (hélas ?) à la tentation car mon cher maitre Yoda m’a enseigné que la violence ne résout rien. Par contre il m’a aussi appris à appeler les forces de l’ordre pour justement le remettre (l’ordre).


Et c’est là que j’aime les fleurs, les gens et les fusils à canon sciés. Car ces chères forces de l’ordre répondent à ma supplique et me signalent que non, finalement, ils ne peuvent rien faire si les gens sont cons c’est à la vie qu’il faut se plaindre. Apparemment il serait légal en France de faire chier la Terre entière en faisant un vacarme faisant passer un concert de Metalica pour des chants grégoriens.


Le plus drôle (ou triste selon) c’est de se dire que leur voiture de collection (de location !) sont l’équivalent moderne d’un bambou attaché avec de la corde à leur sexe afin de le rallonger.


Si on vous demande mon opinion, je suis pour une invasion extra-terrestre. L’humanité a raté un tournant, il faut corriger.

Divers

La jouissance du développeur

9. septembre 2013

Je voudrais partager avec vous une expérience que de nombreux de développeurs ont connu dans leur vie. Une expérience qui m’est arrivée ce week-end.

Tout a commencé il y a quelques temps quand je me suis décidé à ajouter une nouvelle fonctionnalité (suite à un moment mou) à Babylon.js. Pour les curieux, il s’agissait de rajouter l’exportation des bones (l’animation de personnages) de Blender vers le format de fichier de Babylon.js.

Comme je suis maintenant un vieux maitre en haut de sa montagne je confiais cette tâche à un esclave collègue (Guillaume) me disant que vu que c’était sur-relou à faire autant que ce ne soit pas moi qui le fasse.

Le pauvre bougre passa deux semaines dessus, à suer du sang, à se nourrir à la paille et à pisser dans une bouteille afin de maximiser le temps de travail. Et pourtant il faillit. Couvert de honte, il vint me voir à mon bureau ou il fit état de son échec cuisant. Fort de ma légendaire pédagogie, je me foutais lourdement (contrairement à mon habitude) de lui, le traitant de vieux poulpe sec incapable de coder une addition.

Grand seigneur, je me portais donc à son secours en lui disant que j’y passerai dix minutes en début de week-end ce qui devrait être largement suffisant.

Et là, ce fut le drame.

Je m’y mettais donc le vendredi soir d’une main nonchalante avec un œil sur Secret Story. Quelques heures plus tard, en sueur, l’œil terne et le poil gras je commençais à me rendre compte de l’effroyable réalité : Ça allait être la guerre ! Le code de gestion des bones au sein de Blender est sans doute le septième cercle de l’enfer. J’y ai même croisé Dante. Chaque information est accessible par 19 biais différents avec 19 significations différentes.

Afin de ne pas rajouter un divorce à la folie ambiante, j’allais toutefois me coucher aussi détendu qu’un chat sur un grill brulant.

A 6h30 le matin suivant, je repartais à la guerre, dans la boue, me nourrissant de petits animaux et de racines, progressant de quelques mètres et reculant d’autant les minutes suivantes. 

Et cela dura ainsi jusqu’au dimanche après-midi. 

Heureusement il y eut le « Docteur House Effect ».

Ma femme fit une remarque anodine sur le fait que je n’étais pas lavé, que je n’avais pas mangé depuis deux jours, que je sentais le chacal mort et que des mousses commencaient à pousser sur les roulettes de mon fauteuil. Et dans les ténèbres de mon esprit ou seulement quelques mots parvinrent à trouver leur chemin jusqu’à ma conscience, la voie de ma muse déclencha une réaction en chaine incroyable qui se conclut par la formation d’une petite idée toute fragile. Je la mettais de côté, l’arrosant avec amour et la nourrissant de tout mon espoir. Elle germa et finit par donner ses fruits : J’avais la SOLUTION à mon problème !!

Je pouvais ENFIN exporter les animations de personnage depuis Blender vers Babylon.js. Ce moment-là pour un développeur peut être qualifié d’orgasmique. Après des heures dans le désert à se faire sortir le cerveau par les oreilles, on trouve enfin l’oasis tant recherchée. Et c’est bon, cela fait du bien, on pleure, on rit, on fait la parade à poil dans l’appartement en chantant du Goldman. Bref on est content !

J’appelle çà la jouissance du développeur.

 

 

 

 

 

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