Le choc culturel

10. janvier 2014

Et bien nous y voilà, nous sommes aux Amériques! Quel chemin depuis mes Landes natales. Et c’est avec ravissement et pleins d’étoiles dans les yeux que j’ai découvert ce vaste pays si riche de son melting pot culturel. Surtout Seattle ou du fait de la présence de grands groupes comme Microsoft, Amazon ou Boeing, de très nombreuses nationalités sont représentées.

Et parfois ça pique un peu les yeux. Car ce qui nous parait proprement immonde peut s’avérer pour une autre culture tout à fait normal.

Prenons par exemple la journée de hier. J’ai passé cette dernière dans une grande salle avec un peu plus de 100 personnes à discuter de sujets variés. Le truc qui a…comment dire…piqué ma curiosité pour rester poli, c’est ce petit moment de délice ou un des gars est venu s’assoir à ma table après avoir nonchalamment lâcher une monstrueuse caisse qui aurait fait passé la malaria pour un vulgaire rhume. Du coup sur le moment, on est toujours un peu surpris. Je me suis dit « ça arrive, le gars est peut-être super malade et vit ses dernières heures, du coup il s’en fout un peu finalement. Et même quelque part vu le niveau du truc il essaye de se vaporiser lui-même pour survivre sous forme gazeuse ». Mais pas du tout, dans sa culture (que je tairais ici pour ne pas stigmatiser) c’est un fait standard. Comme manger avec les doigts en faisant un bruit de d’éléphant qui gobe du pudding par la trompe (et j’adore le bruit c’est un fait).

Bien évidemment cet exemple est le plus flagrant mais il en existe d’autres plus sournois. Comme les claviers sans accent en qwerty. Ne cherchez pas, c’est officiellement le truc le plus pénible quand on arrive ici. Je me tape des crises de nerfs lorsque voulant faire CTRL+Z (undo) je fais CTRL+W (fermer la fenêtre courante).

Il y a aussi les toilettes dont la porte ne cache pas tout. Il y a genre 5 bons centimètres (pardon 0,164 feet) de chaque cote tout le long afin que l’on puisse vous voir à l’œuvre. Au début j’ai essayé de boucher avec du papier toilettes mais après j’avais l’impression d’être dans un nid d’oiseau en coton.

Bon par contre soyons clair, il y a aussi énormément de choses supers. Comme le service par exemple. C’est un ravissement. Cela me change du service à la parisienne ou le serveur te crache ton café dans la tasse en te posant l’addition sur le genou tout en te faisant signe de partir vite car d’autres attendent. Non, ici c’est poli, agréable et courtois. D’aucuns diront que c’est feint mais au final on s’en branle, le résultat est que tu es content de manger et que tu apprécies d’autant plus ton repas du coup.

J’aime aussi beaucoup la démesure ici. Par exemple pour faire les courses, il faut louer un semi-remorque parce que ne comptez pas trouver les rouleaux de sopalins par 3, ils sont vendus par 300 et du coup nous n’en achèterons plus jamais de notre vie, vu que la palette que l’on a acheté sera sans doute transmise à nos héritiers.

Bref, au final c’est diffèrent, mieux pour certaines choses, moins pour d’autres mais cela fait partie de l’aventure 