Le service

9. février 2014

Avant toute chose, je voulais faire un petit « disclaimer ». Par la magie du blog personnel, ce que j’écris ici n’engage que moi et mon lecteur. Mais il se trouve que dans ce blog, je parle d’un sujet un peu tabou même si partagé par tous. Donc si vous êtes une âme sensible, passez votre chemin !

Bref, je voulais ici revenir sur la différence majeure de traitement réservé aux clients en France et aux Etats-Unis. C’est d’autant plus flagrant que de retour en France pour quelques temps et au-delà de la joie de revoir famille et amis, c’est clairement ce qui me choque le plus.

J’en veux pour preuve ce qui m’est arrivé alors que nous nous promenions dans Paris avec ma femme. Pour comprendre la suite, il faut savoir ceci : mon corps croit pertinemment que les règles en vigueur à la préhistoire s’appliquent toujours. Ainsi il se sent obligé de marquer son territoire à chaque nouveau lieu visité. Cela implique dans les faits l’envie de faire la grosse commission (« Ah voilà le sujet tabou donc… » Pensa le lecteur) absolument n’importe quand sans aucune logique ou lien de cause a effet avec mes heures de repas par exemple.

Nous étions donc dans la rue lorsqu’une crotte de classe « syndicaliste » pointa le bout de son nez (Notez mes efforts de personnification afin de garder le débat à un niveau acceptable). La classe « syndicaliste » est la pire de toute, elle n’accepte aucun compromis,  n’est pas ouverte à la discussion et peut paralyser tout le système si le gouvernement ne cède pas immédiatement a ses attentes. Voyons donc le bras de fer engagé tourner en ma défaveur, je me dirigeais vers le bar le plus proche espérant profiter de leurs toilettes même si je savais qu’en comparaison les rues de Bagdad feraient office d’appartement témoin en matière de propreté.

Arrivé devant le barman, je demande donc poliment (et admettons-le de manière un peu tendu du fait de la tentative de prise de pouvoir en cours dans mon corps) de pouvoir accéder a leur lieu d’aisance afin d’y finir une négociation complexe. Et là, tout la puissance de plusieurs décennies de sympathie et de sens du service me tomba dessus en une phrase simple : « Faut consommer pour ça ».

Mais tu as raison, déjà ne mets pas de sujet dans tes phrases cela économise la salive, des fois que tu te lances dans le marathon du collage de timbre. Mais surtout j’ai envie de te dire que si j‘en suis là, c’est que j’ai déjà consommé !

Bref, malgré le nombre incalculable d’insultes ou de tortures chinoises qui me sont passées pêle-mêle par la tête, je n’ai pu lui répondre qu’un : « un expresso au comptoir, s’il vous plait ». Par la suite, je me revois encore essayant de faire mon affaire dans ce grand zoo international de la bactérie après avoir bu ce si bon café, sésame de mon soulagement (Un peu comme si il fallait boire la clef avant d’ouvrir une porte).

Pour notre comparaison, sachez que la même chose s’est produite à Seattle lorsqu’au détour d’un magasin de meubles je me vis dans l’obligation de planter ma chère épouse (elle adore quand je fais ça) afin d’aller visiter les « restrooms ». Sauf que la manière ne fut définitivement pas la même. Déjà lorsque je demandais au vendeur de m’indiquer s’ils avaient des toilettes, il me répondit avec le sourire (je passe sur le fait que TOUS les magasins américains ont des toilettes, ce qui parait logique vu que TOUT LE MONDE fait caca. Sauf en France apparemment ou même pas un magasin sur dix ne propose ce service. Ils doivent sans doute considérer que l’acte d’achat doit fermer les chakras). De plus, les toilettes étaient immaculées, on aurait pu manger par terre et c’était à un tel niveau que je me suis demandé si le vendeur n’allait pas me tenir la porte en sortant tout en me tentant une lingette au citron.

Alors on pourrait penser que je n’ai pas de chance. Mais le problème est que des exemples comme ça j’en ai des palettes entières. Je vous en cite une dernière pour la route : Le coup de la tomate.

Quand je commande un burger, je le demande toujours sans tomate (Je ne comprends d’ailleurs pas pourquoi ils s’entêtent à me mettre la décoration dans le plat et pas autour). Aux USA, la réponse est toujours la même : « Bien sur monsieur, pas de problème ». Et si par malheur, il s’avère que le dit burger arrive avec la dite tomate, le serveur s’excuse platement en me changeant directement le plat tout en repartant en cuisine en reculant, en rampant après s’être arraché les vêtements pour se flageller avec des orties.

En France la même demande donne quasi (« Rohh comment il n’assume pas tout à fait » Pensa le lecteur) invariablement la réponse « Désole, ils sont déjà préparés » ou le best-seller «Ce n’est pas possible ». Mais PUNAISE !!! Tu fais semblant de comprendre ma demande (Et tu évites au passage de m’indiquer que tu refourgues de la mauvaise came) et cela ne va pas te faire tomber la peau que de m’enlever cette fichue tomate avant de m’amener le plat !!! Mais il faut dire que j’ai l’outrecuidance de penser que vu que je paye, je peux choisir ce que je mange et que j’ai le droit de croire que cette putain de rondelle de tomate de merde n’a pas sa place dans mon burger (« Il s’emballe là » Pensa le lecteur).

Bref, je rêve sincèrement de pouvoir avoir en France une vraie qualité de service sans avoir besoin d’aller dépenser un SMIC dans un trois étoiles. Je pense que si nous mettions en place le système de « tips » comme partie intégrante du paiement du service, cela ferait vraiment du bien. Après moi je dis ça, je m’en moque maintenant, c’est pour vous que je fais tout ça J