Comme vous le savez peut-être je suis l’heureux papa du moteur 3D Nova (www.vertice.fr). Et comme tout développeur mon code a des bugs (bon pas beaucoup faut pas déconner non plus mais un peu quand même).

Ce qui me bourre bien la nouille c’est les arrogants qui m’envoient des mails du style : “Nova c’est pourri, je n’ai pas pu m’en servir à cause de pleins de bugs bloquants”. Nom de zeus de punaise des bois!!!! Mon sang ne fait qu’un tour, je prends le mail avec toute la retenue qui me caractérise (traduire par : après avoir défoncé le chat, péter le mur et envoyer par la fenêtre deux chaises et un tapis de sol). Dans 99% des cas (étude réalisée sur pleins de mails avec des outils statistiques qui poutrent), les BUGS ne sont pas situés dans Nova mais entre la chaise et le clavier du “découvreur de bug”. Aucun n’a le recul nécessaire pour faire une introspection et se dire:

  • Bon, ai-je bien lu la documentation?
  • Ma maitrise du contexte me permet-elle de remettre en cause le travail d’une autre personne sur la seule foi de ma compétence supérieure?
  • Ai-je bien lu la documentation ?
  • La formulation de mon mail n’est elle pas vexante?
  • Ai-je bien lu la documentation ?
  • Ai-je le QI d’une poule ?

Alors vous allez me rétorquer que si Nova était parfait, tous les utilisateurs s’en sortiraient sans documentation, sans connaissance de la 3D, sans connaissance tout court, sans cerveau et sans humilité.

Certes, mais jusqu’à preuve du contraire, je fais de l’informatique et en plus je fais de la 3D temps réel et ce genre de doux rêve, je ne sais pas les réaliser. D’autant plus que je ne demande pas la lune, je voudrais juste un peu de respect. La majorité des gens ne créent pas, ils ne peuvent pas comprendre combien c’est vexant de voir remis en cause des années de travail par des orgueilleux incapables de se dire “ai-je bien tout compris ?”.

Voici un exemple de ce que je reçois:
“Slt, Nova c’est pas terrible, je n’ai pas pu faire ce que je voulais car il y a des bugs bloquants”. S’en suit une liste hétéroclites de demandes farfelues ou irréalistes ou idiotes.

Ce qu’il faut faire :
“Bonjour, je me permets de vous écrire car j’ai certains besoins que j’aimerai réaliser avec Nova mais n’y arrivant pas je voudrais un peu d’aide”. Notez l’absence du mot “bug” et le ton courtois.

C’est deux mails veulent dire la MEME chose. L’un des deux finira dans la poubelle et si par malheur un jour je rencontre son auteur je lui mettrai la tête au fond du cul.

kosh 11. février 2010, 21:34

Je n’arrête pas de lire de partout que Total est une honte pour la France car malgré un bénéfice de 9 milliards de dollars, ils vont fermer une usine.

Certes, mais au delà d’être bien démago quand on dit cela regardons les faits. Ce bénéfice représente seulement 6% de marge. C’est limite à chier comme résultat. Une bonne entreprise va au moins chercher les 10 points de marge. Alors oui forcément quand la boucherie Tartanpion fait 6% de marges cela veut dire 5 000 euros de bénéfice. Pour Total c’est juste plus impressionnant.

Mais il faut bien se dire que pour continuer à faire vivre des dizaines de milliers de familles, il faut investir surtout quand son activité principale s’appuie sur une ressource en voie de disparition. Et investir pour changer son activité à ce niveau cela coute des soussous.

Donc oui Total va fermer une usine et je compatis sincèrement avec les employés qui ne pourront être reclassés mais il faut bien que Total évolue. En effet, ils ne vont pas garder actifs des centres de production qui ne sont plus rentables et même qui ne sont plus viables à terme.

J’aimerai parfois que l’on reconnaisse la réussite dans notre pays et que l’on arrête de se servir d’une entreprise qui marche (dont on devrait être fier) comme d’un bouc émissaire et comme d’un exutoire.

kosh 10. février 2010, 22:23

Alors attention ca va piquer. Je ne sais pas si c’est le retour des TechDays ou si c’est la fatigue mais une question me trotte depuis un petit moment dans la tête et je voudrais vous en faire part.

Quel est le sexe d’un pays? Alors oui, je sais, ça calme. Tout de suite ça pose un contexte qui fait réfléchir. Car en effet, on dit bien LA France mais on dit LE Canada. Donc, certains pays sont masculins et d’autres féminins.

J’en veux pour preuve que l’on dit : “je rentre EN France” et “je rentre AU Canada” (notez au passage la notion de pénétration avec le “EN” pour les pays féminins, mais bon, on va pas polémiquer (et non pas Paul et Mickey, ce qui, il faut bien l’admettre n’a aucun rapport)).

Donc fort de cette constatation hautement intéressante, je me suis penché sur la répartition des pays en fonction de leur genre et on peut en conclure que:

- En Europe, il y a un large majorité de pays féminins (La France, l’Espagne, l’Italie, l’Allemagne, etc…)
- Sur le continent américain, on trouve une majorité de pays masculins (Canada, Pérou, Brésil, Etats-Unis, etc…)
- Sur le continent africain, c’est plutôt mitigé avec une légère majorité de pays masculins
- En Asie, c’est plutôt mitigé mais avec une légère majorité de pays féminins

Donc pour conclure ce post qui viendra s’ajouter à la gargantuesque liste des posts totalement inutiles que l’on trouve sur Internet, il s’avère que la parité est assez bien respecté entre les pays et ça, franchement, ça fait plaisir!

L’informatique possède ce grand avantage de pouvoir créer des outils en laissant libre court à notre créativité. Et c’est certainement la raison principale de ma passion (immodérée dirait ma chère et tendre) pour les plaisirs de la programmation.

Toutefois, j’ai de plus en plus de mal (dû à mon grand âge sans doute) avec la pléthore d’outils que l’on voit un peu partout qui n’ont comme autre intérêt que l’utilisation d’une technologie.

Prenons par exemple Fishbowl, un outil pour Facebooker (j’invente des mots si je veux). Plusieurs camarades m’ont râpé les noyaux avec cet outil comme quoi c’était génial, ultime, que cela allait changer ma vie, que les filles se jetaient nues devant eux depuis qu’ils s’en servaient. Pas plus con qu’un autre, je me suis donc installé l’animal.

Résultat des courses, je me retrouve avec un outil n’ajoutant strictement rien par rapport à la version en ligne, dont le design (et quand je parle de design, je ne parle pas d’esthétisme mais bien d’utilisabilité) est digne d’un ciseau à bois pour castors et qui de toute manière nécessite une connexion pour fonctionner.

Donc là, je pose la question : « Il sert à quoi ? ». Et bien il sert à faire du WPF, voilà c’est dit. Le gars qui a fait ce logiciel a voulu faire du WPF. Il n’a pas essayé de répondre à un besoin il a juste eu envie de mettre en œuvre une technologie. Et c’est assez symptomatique de ce qui se passe dans le monde professionnel : on oublie que l’outil sert un but et n’est pas le but.

Je ne peux toutefois pas leur jeter la pierre car j’ai longtemps eu ma période fleur bleue aussi ou je voulais me toucher le tralala en mettant en œuvre telle ou telle technologie. Mais au final le seul truc qui compte est de répondre à la question : « Mon application répond-elle aux besoins de mon utilisateur ? »

Depuis plus de 5 ans, je vais voir un client à Rodez, superbe petite ville de l’Aveyron où il fait bon manger. Le truc pénible à Rodez, c’est que pour y aller depuis Toulouse, il faut passer par Albi. Et là c’est le drame.

En effet, il se trouve qu’à Albi, il se passe un phénoméne physique rare : les travaux perpétuels. Depuis que j’ai l’insigne plaisir de traverser cette SUPERBE ville, il ne se passe pas une fois sans que la rocade (j’ose à peine utiliser le terme tant la largeur de la dite rocade se rapproche plus d’un chemin de traverse que d’une route moderne) ne soit en travaux.

A croire que pour sauver la planète, le maire s’est dit que les travaux devaient être fait à l’ancienne sans aucun engin, uniquement à la main. Il y a donc un pauvre gars qui se tape, mêtre par mêtre, le goudronnage de la rocade. C’est même une charge familiale qui se transmet de père en fils. Et forcément cela ne va pas vite.

Bien évidemment, quand je dois passer par là, c’est forcément aux horaires de pointe (style 8h30 où 18h). Du coup, je me retrouve coincé dans d’immenses bouchons dignes d’une ville comme New York. Si cela continue comme ça, la ville va devoir investir dans une seconde rocade autour de la première juste pour absorber les bouchons.

Alors bien sûr on peut profiter de ce temps qui nous est offert pour admirer la sublimissime zone commerciale ou à la façon des Inuits, il existe plus de 20 manières de dire le mot “rien”. On peut découvrir tout le flamboyant stock de plots et de panneaux de travaux de la commune tel un visiteur emmerveillé d’un musée des travaux à ciel ouvert. On ne peut que réver devant les “itinéraires de délestage” qui nous guide ici sur la voie de gauche, là sur la voie de droite nous laissant butiner au gré du vent.

Alors merci monsieur le maire d’Albi, oui merci pour tous ces plaisirs simples que vous m’offrez, ingrat que je suis!

kosh 6. octobre 2009, 20:40

Ce qui me choque lorsque je regarde certains films, c’est la capacité quasi-divine qu’ont les draps à se positionner parfaitement sur la poitrine des femmes qui se lévent ou bougent dans un lit.

Je pense qu’il y a un gars dont le métier est de dresser les draps pour qu’ils se positionnent parfaitement afin de cacher ces seins que l’on ne saurait voir.

Parce que les draps ordinaires, ceux qui sont chez vous et chez moi, ils sont sauvages, ils sont dans leur habitat naturel, ils n’ont subis aucun dressage. Résultat, quand ma femme se léve ou bouge dans le lit, au mieux les draps font une boule anarchique et se battent la rondelle de cacher quoique ce soit.

Et finalement, je vous le dis, je préfére le drap sauvage.

kosh 4. juillet 2009, 09:56

Si l’on regarde l’histoire brillante de l’humanité en ce qui concerne les conquêtes, force est de constater que chaque fois qu’un peuple technologiquement supérieur à un autre est rentré en contact avec ce dernier ce ne fût jamais pour lui apprendre l’art subtil du point de croix. D’aussi loin que l’on regarde les schémas relationnels peuvent être rangés dans trois catégories:

  • Je te marave la tête et je viole tes femmes
  • Je te réduits en esclave et je viole tes femmes
  • je te “colonise” et si possible je viole tes femmes

Que ce soit les conquistadors, les colons américains, les grands conquérants du passé, on se retrouve toujours dans une de ces catégories.

Maintenant, même si par pure curiosité, j’adorerai qu’un peuple extra-terrestre vienne à notre rencontre, je souhaiterai juste qu’ils n’aient rien d’humain.
Parce que si ils ont la capacité de traverser les espaces sidéraux alors que l’on se traine le jonc sur Terre et que pour aller sur la lune (le palier d’à coté au sens spatial) il faut juste qu’on s’y prenne 20 ans à l’avance, je pense que l’on se prendrait une jolie petite branlée bien proprette.

Alors oui j’en vois déjà qui disent qu’ils ne seront pas forcément hostile mais j’avoue que du haut de ma condition humaine, j’aurai toujours un petit à priori.

kosh 26. mai 2009, 12:52

Sans vouloir polémiquer (non ce n’est pas mon genre), je suis atterré par la bêtise humaine. Pour moi le droit de grève correspond à la possibilité légale de ne pas travailler pour exprimer son désaccord.

En France, ce droit s’est transformé en droit de faire chier. En gros plus on est mécontent, plus on a le droit de les briser à tout le monde. Au préalable, lors d’une grève on essayait de faire pression sur le ou les responsables. Aujourd’hui on essaye surtout de bien mettre le boxon en suivant l’équation : plus on fait caguer plus on parle de moi plus j’ai de chance de l’emporter.

Soit. Donc la prochaine fois que j’ai des revendications, je vais aller me mettre à un feu rouge et m’allonger sur la voie. J’ai le droit, je suis en grève. Et si vraiment je suis en colère, je péterai les genoux des passants. C’est normal je suis en grève.

Le top du top c’est la grève des étudiants qui bloquent les facs. La on touche au divin. Des professeurs barbus qui portent des pantalons en velours côtelés (ou ça un cliché?) ont eu la superbe idée de faire grève en faisant bloquer les facultés par les étudiants. Comme ça ces derniers ne peuvent plus aller en cours ni passer leurs examens. Ben oui, ils sont en grève mais ils innovent : plutôt que d’emmerder les autres, ils se font chier eux-mêmes. Pour leur prochaine grève, je leur propose de brûler leur appartement ou de passer leurs orteils au hachoir. Je suis sûr que ca marchera encore mieux.

Alors disons le tout de suite, si vous voulez continuer à regarder les experts ou tout autre série qui utilise des ordinateurs, ne lisez pas ce blog.

En effet, on vous ment! On vous fait croire des choses tellement cons que je suis dans l’obligation de remettre les points sur les “zis”.

  • Non les ordinateurs ne génèrent pas des images en les extrayant du vide stellaire : Combien de fois j’ai envie de me touiller le cerveau quand je vois des “informaticiens” qui zooment sur une photo prise par une caméra perrave et qui arrivent à lire la taille du short d’une nana au niveau de son étiquette le tout dans le reflet des lunettes noires du mec en face sachant que la caméra était au moins à 25m du dit gars. Alors non ce n’est pas possible, une image elle n’a pas plus d’informations que ce qu’elle montre. Au mieux lorsque l’on zoome, on peut lisser l’image pour enlever l’effet de pixelisation. Certains algorithmes peuvent ajouter de l’information mais qui n’a la plupart du temps aucun rapport avec la réalité.
  • Les ordinateurs contrairement aux chats ne ronronnent pas ni ne couinent pas : Pourquoi à chaque fois que l’on voit un ordinateur il faut que ce dernier lâche des torrents de beeps? Et c’est bien pire dès qu’on commence à s’en servir. Comme un petit animal qui est content que l’on s’intéresse à lui. Alors non messieurs les réalisateurs les ordinateurs ne font pas constamment des petits beeps pour nous indiquer qu’ils travaillent. Imaginez la vie des informaticiens qui pendant 8 heures par jour à chaque action entendraient un beep. Je fais une recherche sur google? Allez hop 20 beeps par seconde.
  • Les moteurs de recherchent ne montrent pas l’intégralité de leur base de données lorsqu’ils la parcourent : Certainement dans le but de nous montrer que c’est trop fort un ordinateur, les réalisateurs ne peuvent s’empêcher de faire défiler toutes les empreintes de la base de données (en plus d’un florilège de beeps) lorsque l’opérateur cherche son coupable. Genre l’ordinateur il pense que ca nous sert trop de voir passer à la vitesse du son 2 millions d’empreintes. En fait c’est au cas ou il raterait un truc et que nos yeux bioniques montés sur vérins auraient pu le détecter.
  • La souris est livrée de base avec tous les ordinateurs depuis au moins 3 siècles :  Les informaticiens dans les films sont tellement forts qu’ils font tout au clavier. La souris c’est pour les brêles molles. Ils arrivent à délimiter des zones rectangulaires dans les images en tapant les coordonnées, c’est trop simple de dessiner le rectangle avec un souris. “Vas-y Paulo fais péter un zoom sur la plaque d’immatriculation  en haut à gauche” et la paf: Paulo il tape 3 merdes sur son clavier et on a le bon rectangle de zoom. Il est fort ce Paulo.
  • Lorsque l’on tape quelque chose sur clavier cela apparaît à l’'écran : Les gars dans les films ils tapent des textes entiers sur leur clavier mais plutôt que d’avoir le retour sur l’écran ils préfèrent voir tourner deux trois animations de patates en 3D. C’est quand même plus fun. De toute manière ils ne font jamais de fautes de saisies donc bon autant avoir un truc sympa sous les yeux.
  • On n’injecte pas un virus dans un ordinateur en tapant “virus” surtout si l’ordinateur en question est d’origine extraterrestre : Déjà on n’arrive pas aujourd’hui à faire marcher un programme Windows sous Mac (enfin pas simplement) alors le gars qui arrive à faire péter un vaisseau-mère d’envahisseurs extra-terrestres avec un virus façon grand-mère, ca me fait bien rire. Il est évident que c’est les mêmes normes réseau, les mêmes connecteurs, les mêmes systèmes d’exploitation. Sont forts ces ricains quand même! En plus c’est quand même des gros cakes les envahisseurs, ils maitrisent les voyages inter-sidéraux mais par contre niveau sécurité réseau c’est pas la gloire.
  • Le piratage d’un réseau ne se fait pas en deux clics en mangeant des pizzas grasses : Les “haCkErZ” au cinéma sont des gens formidables. Ils arrivent sur une bannière de connexion du Pentagone, appuient sur trois touches en simultanée (ce qui fait apparaitre une bonne vieille console DOS des familles avec des litres de textes qui défilent à une vitesse folle. ne vous inquietez pas le pirate sait lire à cette vitesse lui.) et la paf, direct sur le logiciel de lancement des silos nucléaires ou selon la combinaison utilisée sur le système de virements privés de la Federal Bank. Le pire finalement c’est que ces gars là avec toute la puissance dont ils disposent (le seul autre gars qui peut faire ça c’est Obama mais lui il a le droit) continuent à habiter chez leur mère, à bouffer des pizzas aux anchois froides et à s’habiller comme mon arrière grand oncle avec son pantalon en velours côtelés et sa chemise à carreaux.
  • Les informaticiens ne sont pas tous maigres, moches avec un début de cancer de la peau du visage : Pourquoi forcément le héros est beau, svelte avec un teint de peau Lorealvouslevalezbien alors que son con de pote informaticien (notez au passage que tous les héros de cinéma connaissent un “génie” de l’informatique même si c’est un peu la honte) est gros et moche à vous en faire tomber les dents ? En quoi cela crédibilise le rôle de mettre un poux de 130 kilos avachi dans un canapé des années 20 ? D’autant plus que ca ne changerait rien à l’histoire si l’informaticien était normal. Il ferait toujours ses tours de passe-passe avec son ordinateur magique. Il n’est pas non plus nécessaire d’en faire un puceau de 40 ans semi-aveugle car non, l’informatique n’empêche pas de trouver une femme et n’abime pas plus la vue que ça (encore que pour ce point la j’aurai presque tendance à être d’accord). J’en veux pour preuve que je n’y vois pas trop mal et que ma femme est superbe (hop la, marquons des points ca peut servir). Et je suis loin d’être le seul dans ce cas.

 

Donc voila, donc la prochaine fois que vous verrez ce genre de délires, je suis sûr que vous penserez à moi…

Je profite de mes vacances pour m’essayer à un nouveau style littéraire, l’essai philosophique (oui, je sais, je me la raconte sur ce coup là :) ). Et quoi de mieux pour démarrer que de publier en guest-star dans les colonnes d’un blog ami, plus habitué à cet exercice.

Avant de rentrer dans le vif du sujet, juste un petit mot sur l’origine de ce sujet. Il y a quelques années, avec mon chef de l’époque (Marc pour ne pas le citer), nous débattions régulièrement le temps de midi sur divers sujets d’actualités ou tout simplement sur le monde qui nous entoure. En ont résulté quelques idées, pour la plupart farfelues, mais aussi quelques théories sociologiques. L’idée de cet essai est de vous en présenter une, d’en débattre à bâtons rompus (bien évidemment, le format fera que je ferai les questions et les réponses en attendant les commentaires) et de voir jusqu’où ces tergiversations peuvent nous mener.

A cette ligne, je n’ai aucune réponse, aucun plan, aucune finalité. J’ai néanmoins l’amorce qui est la théorie suivante : concernant les compétences d’un individu dans une organisation, par exemple l’entreprise, au regard de sa promotion professionnelle, on considèrera qu’un individu est bon jusqu’à ce qu’il soit mauvais, formant ainsi des niveaux de compétences. Si je l’exprime autrement, je dirais qu’un individu grimpe sur l’échelle de compétences jusqu’à une limite finie.

Je sens que le sujet reste encore flou donc je vais basculer vers une explication plus concrète pour mieux illustrer mon propos, mais qui malheureusement ne permettra pas de démontrer ma théorie ; en effet, ça se saurait si un exemple pouvait prouver un théorème.
Prenons un ouvrier lambda d’une usine qui démarre en bas de l’échelle. On lui confie des tâches qui correspondent à son poste et donc à son niveau. Symbolisons ce niveau par un disque de petite taille (ou plutôt une sphère car de nombreuses expressions de notre langage y font référence - on parle des « hautes sphères », de « graviter dans sa sphère », de « sphère d’influence », etc.). Notre ouvrier, s’acquittant efficacement de ses tâches se voit promu ; on lui confie des tâches plus complexes nécessitant plus de réflexion ou d’habileté et surtout qui ne sont pas à la portée de tous. Symboliquement, notre ouvrier change de sphère pour passer dans une plus grande, incluant la précédente, puisque notre ouvrier est toujours en mesure d’en accomplir les tâches. Sociologiquement, cela se traduit par une promotion, un changement de titre (ouvrier spécialisé), une augmentation, bref, une reconnaissance par la société de son passage d’une sphère à une autre.

Et ce phénomène se répète au fur et à mesure que notre ouvrier réussit les tâches qui lui incombent. Il passera contremaître puis chef d’équipe puis responsable d’unité et ainsi de suite. Mais la question, à la base de la théorie énoncée est : jusqu’où ? En effet, qu’est ce qui fait que notre individu lambda restera bloqué dans une sphère donnée ? Et bien si l’on écarte toutes les considérations autres que le travail et les compétences de notre individu, on peut dire que sa progression s’arrête quand il ne remplit plus sa mission à savoir s’acquitter des tâches ou répondre aux compétences exigées par son niveau (sphère) actuel. On peut donc penser qu’un individu progresse dans une organisation jusqu’à ce qu’il devienne mauvais dans son travail quotidien.

Mais alors, nous pourrions conclure que nous sommes tous mauvais et que notre organisation hiérarchique est contre productive. D’amblée je réponds non car premièrement, à un instant T nous n’avons pas tous atteint notre limite de compétence et en tant que fervent adepte des lois de l’évolution (j’ai là aussi ma petite théorie sur le sujet), je reste convaincu que nos organisations, nos hiérarchies, bref, notre société, gomme toujours les aberrations de ses propres lois. Enfin, tout ceci pointe bien évidemment les incohérences et les failles de ma théorie. Essayons maintenant de l’écorner un peu.

En premier lieu, nous voyons bien que les critères, je dirais plutôt le référentiel, qui établit les niveaux de compétences (les sphères) diffèrent d’une organisation à l’autre, d’un métier à l’autre. Ce qui exclurait la généralisation et le principe de sphères générales dans lesquelles tout le monde se jaugerait. Même si je n’ai pas mené de réflexions plus avant sur ce point, je pense que l’on peut trouver des critères suffisamment génériques pour pouvoir établir des sphères globales. Bien sûr, les critères de chaque sphère seraient plus abstraits que par exemple savoir diriger une équipe de 10 personnes ou savoir interpréter un plan avec cotes.

Autre contre-argument à ma « démonstration » est les études. En effet, notre société permet à des individus d’accéder directement à un certain niveau de sphère par le biais des études. Ma réponse à cela est que les études ne sont pas exclues des sphères de compétences. En effet, il ne suffit pas de vouloir faire des études ou d’avoir les finances nécessaires pour réussir des études. Il y a des études simples et linéaires mais il y a aussi des études compliquées, qui ne sont pas à la portée de tout le monde. Les études sont donc juste un raccourci vers une certaine sphère mais ouvert uniquement aux gens capables de l’atteindre par une voie plus traditionnelle. Une remarque concernant les études. J’ai dit tout à l’heure que, à un niveau donné, on a l’ensemble des compétences des sphères conscrites. En prenant le raccourci des études, on peut penser que l’on n’acquiert pas ces compétences (quoique ça dépende des études). Et bien, même si ces compétences ne sont pas acquises, on peut admettre que les individus concernés soient capables d’exécuter les tâches des niveaux inférieurs si on les leur demandait.

Autre ambiguïté de ma théorie, c’est les acquis dus à l’âge. En effet, notre société récompense bien souvent le temps passé. On peut voir dans de grosses organisations, très hiérarchisées, des promotions par le simple fait de l’ancienneté. Je pense que ces cas ne sont que des exceptions et que bien souvent c’est une fausse progression, juste une récompense de fait et non du mérite de l’individu. Cependant, on parle dans certains métiers de la valorisation des acquis de l’expérience (par exemple, une aide-soignante qui deviendrait infirmière). Cela ne concerne que des cas où l’ascension naturelle n’est pas possible, pour des raisons de formation longue ou de diplômes obligatoires par exemple, mais permet justement d’y accéder par nos aptitudes, le tout sanctionné par un examen de passage. Même si, implicitement, ce genre de pratique existe depuis toujours, j’attends de voir comment cette reconnaissance va fonctionner dans les faits au sein de notre société moderne car je trouve que trop de monde confondent mériter et espérer.

Enfin, dernier argument (je vous laisse le soin d’en trouver d’autres) en défaveur de ma théorie, les aptitudes très physiques ou très manuelles liées à certains métiers. En effet, on serait tenté de différencier 2 jeux de sphères différents : les manuelles et les intellectuelles. Pourquoi pas. Mais je pense, même si je ne l’ai pas encore argumenté, que l’on doit considérer le critère de progression comme une valeur minimum dans chaque domaine mais avec une moyenne totale élevée. Ce qui permet de compenser une faiblesse dans certaines aptitudes tout en garantissant une cohérence complète des facultés de l’individu et une excellence générale.

Dans la série des anecdotes liées à ma théorie, une bizarrerie qui est que plus la sphère est grande, moins il y a de monde. Si on rapporte cela au partage des richesses, si on considère que chaque niveaux à les mêmes ressources à répartir, cela peut expliquer les disparités salariales.

Je terminerai sur un point que j’ai écarté plus haut dans cet essai : le travail et les compétences (ou comment peut-on monter dans les sphères). J’ouvre tout de suite la boite de Pandore en changeant les termes travail et compétences par acquis et inné.
Bien souvent lors de mes discussions avec des amis ou collègues avec qui je refais le monde, arrive l’éternel débat sur l’inné ou l’acquis. Il prend toute sa mesure dans ma théorie. Je rencontre des gens qui sont persuadés qu’une personne sans prédisposition, peut monter très haut juste par son travail (l’acquis). Moi je suis convaincu de la prédisposition des individus. Cependant, je l’accompagne toujours de l’importance de l’acquis. Je vais essayer de résumer ma pensée même si elle mériterait un article à elle seule. Une personne sans inné, en travaillant beaucoup, pourra évidemment percer mais n’ira pas très loin (rappelez-vous mes valeurs minimums). Une personne prédisposée, en ne faisant rien, percera toujours mais n’ira pas loin non plus car tout doit s’apprendre et se travailler (l’inné n’a jamais appris un théorème, même s’il permet de le comprendre). Donc l’excellence provient d’une bonne dose d’inné, mise en exergue par les efforts de l’acquis.

En plus, ma vision n’est pas manichéenne sur le sujet. Tout ceci est conditionné par l’époque, l’entourage, la chance (même si mon esprit cartésien a tendance à l’exclure). Churchill aurait-il été ce premier ministre mondialement puissant et talentueux s’il l’avait été après la guerre ?

En conclusion, notre société est segmentée par des niveaux de compétences, que j’ai imagé par des sphères concentriques. Chaque individu se positionne sur un niveau à un instant T et peut éventuellement progresser vers les niveaux supérieurs. Il les atteint par le travail ou les études, mais toujours grâce au mérite, en récompense de ses aptitudes personnelles et non pas parce qu’il le vaut bien. Il y a bien évidemment toujours quelques exceptions mais vu dans l’ensemble, les règles sont respectées ; et puis localement, ces « anomalies » sont toujours sanctionnées ou contrebalancées au final, la nature reprenant ces droits.

Pour aller plus loin sur le sujet, nous nous sommes intéressés uniquement à un aspect professionnel du sujet. Je crois fermement que ces sphères influent aussi sur notre vie sociale. Sans trop m’avancer dans ma vision de la chose, je pense que le changement de sphère (professionnellement) entraine inéluctablement un changement de sphère en dehors du travail. Nous verrons dans un prochain article par quoi peuvent se traduire ces changements sociaux.

Je terminerai avec une citation de Machiavelle (et parce que ça fait toujours bien de citer de vrais philosophes car on donne l’impression qu’il valide notre travail) : « La nature nous a créés avec la faculté de tout désirer et l'impuissance de tout obtenir ».