Le syndrome du Puppy

13. mars 2014

C’est lors d’une conférence avec mon ami David Rousset que j’ai découvert ce mal qui frappe essentiellement les développeurs de framework open source.

Le gars nous racontait qu’il avait développé un outil autour de Twitter qu’il avait mis en open source pour aider la communauté. Au début c’était un truc tout mignon qu’il aimait beaucoup. Puis son truc a grandi et il a commencé à avoir beaucoup d’utilisateurs. Et là ce fut le drame.

Parce que généralement c’est très très con un utilisateur. Tu te dis :"Bon c’est open source, il va donc commencer par chercher dans le code avant de poser des questions de merde sur le forum".

Mais que nenni, la grande majorité n’en a rien à carrer que ce soit en open source. Ils considèrent les outils que tu offres gentiment comme un service professionnel avec sa garantie et sa hotline 24/24.

C’est là que le puppy se transforme en gros clébard baveux qui pue le cheval quand il pète. Tu passes ta vie à répondre à des sollicitations de toutes parts et comme tu aimes toujours ton outil tu te plies en quatre pour satisfaire le puits sans fond de leurs désirs. Et si ça ne va pas assez vite tu te fais pourrir parce que merde, c’est inacceptable de devoir attendre ou chercher par soi-même.

C’est comme si on vous offrait une maison neuve avec le menage fait une fois par jour et que vous vous plaignez parce que vous avez dû mettre vous-même le sac –poubelle dans la poubelle.

Je viens d’avoir le cas aujourd’hui. Un gars qui, en gros, veut que je lui construise une fusée lunaire avec intérieur cuir. Comme j’ignore royalement ses demandes sur le forum, il est venu me pourrir en prive en disant que c’était une honte, qu’on se demandait à quoi pouvait bien servir ce forum si on ne peut pas faire faire son travail par les autres !

Je vous le dis, quand je vois ce genre de comportement (un français en plus), je pense qu’il faut qu’on se fasse envahir par une civilisation extra-terrestre. Ce serait comme une grosse colique, ça ferait mal mais après ça irait mieux.

Le service

9. février 2014

Avant toute chose, je voulais faire un petit « disclaimer ». Par la magie du blog personnel, ce que j’écris ici n’engage que moi et mon lecteur. Mais il se trouve que dans ce blog, je parle d’un sujet un peu tabou même si partagé par tous. Donc si vous êtes une âme sensible, passez votre chemin !

Bref, je voulais ici revenir sur la différence majeure de traitement réservé aux clients en France et aux Etats-Unis. C’est d’autant plus flagrant que de retour en France pour quelques temps et au-delà de la joie de revoir famille et amis, c’est clairement ce qui me choque le plus.

J’en veux pour preuve ce qui m’est arrivé alors que nous nous promenions dans Paris avec ma femme. Pour comprendre la suite, il faut savoir ceci : mon corps croit pertinemment que les règles en vigueur à la préhistoire s’appliquent toujours. Ainsi il se sent obligé de marquer son territoire à chaque nouveau lieu visité. Cela implique dans les faits l’envie de faire la grosse commission (« Ah voilà le sujet tabou donc… » Pensa le lecteur) absolument n’importe quand sans aucune logique ou lien de cause a effet avec mes heures de repas par exemple.

Nous étions donc dans la rue lorsqu’une crotte de classe « syndicaliste » pointa le bout de son nez (Notez mes efforts de personnification afin de garder le débat à un niveau acceptable). La classe « syndicaliste » est la pire de toute, elle n’accepte aucun compromis,  n’est pas ouverte à la discussion et peut paralyser tout le système si le gouvernement ne cède pas immédiatement a ses attentes. Voyons donc le bras de fer engagé tourner en ma défaveur, je me dirigeais vers le bar le plus proche espérant profiter de leurs toilettes même si je savais qu’en comparaison les rues de Bagdad feraient office d’appartement témoin en matière de propreté.

Arrivé devant le barman, je demande donc poliment (et admettons-le de manière un peu tendu du fait de la tentative de prise de pouvoir en cours dans mon corps) de pouvoir accéder a leur lieu d’aisance afin d’y finir une négociation complexe. Et là, tout la puissance de plusieurs décennies de sympathie et de sens du service me tomba dessus en une phrase simple : « Faut consommer pour ça ».

Mais tu as raison, déjà ne mets pas de sujet dans tes phrases cela économise la salive, des fois que tu te lances dans le marathon du collage de timbre. Mais surtout j’ai envie de te dire que si j‘en suis là, c’est que j’ai déjà consommé !

Bref, malgré le nombre incalculable d’insultes ou de tortures chinoises qui me sont passées pêle-mêle par la tête, je n’ai pu lui répondre qu’un : « un expresso au comptoir, s’il vous plait ». Par la suite, je me revois encore essayant de faire mon affaire dans ce grand zoo international de la bactérie après avoir bu ce si bon café, sésame de mon soulagement (Un peu comme si il fallait boire la clef avant d’ouvrir une porte).

Pour notre comparaison, sachez que la même chose s’est produite à Seattle lorsqu’au détour d’un magasin de meubles je me vis dans l’obligation de planter ma chère épouse (elle adore quand je fais ça) afin d’aller visiter les « restrooms ». Sauf que la manière ne fut définitivement pas la même. Déjà lorsque je demandais au vendeur de m’indiquer s’ils avaient des toilettes, il me répondit avec le sourire (je passe sur le fait que TOUS les magasins américains ont des toilettes, ce qui parait logique vu que TOUT LE MONDE fait caca. Sauf en France apparemment ou même pas un magasin sur dix ne propose ce service. Ils doivent sans doute considérer que l’acte d’achat doit fermer les chakras). De plus, les toilettes étaient immaculées, on aurait pu manger par terre et c’était à un tel niveau que je me suis demandé si le vendeur n’allait pas me tenir la porte en sortant tout en me tentant une lingette au citron.

Alors on pourrait penser que je n’ai pas de chance. Mais le problème est que des exemples comme ça j’en ai des palettes entières. Je vous en cite une dernière pour la route : Le coup de la tomate.

Quand je commande un burger, je le demande toujours sans tomate (Je ne comprends d’ailleurs pas pourquoi ils s’entêtent à me mettre la décoration dans le plat et pas autour). Aux USA, la réponse est toujours la même : « Bien sur monsieur, pas de problème ». Et si par malheur, il s’avère que le dit burger arrive avec la dite tomate, le serveur s’excuse platement en me changeant directement le plat tout en repartant en cuisine en reculant, en rampant après s’être arraché les vêtements pour se flageller avec des orties.

En France la même demande donne quasi (« Rohh comment il n’assume pas tout à fait » Pensa le lecteur) invariablement la réponse « Désole, ils sont déjà préparés » ou le best-seller «Ce n’est pas possible ». Mais PUNAISE !!! Tu fais semblant de comprendre ma demande (Et tu évites au passage de m’indiquer que tu refourgues de la mauvaise came) et cela ne va pas te faire tomber la peau que de m’enlever cette fichue tomate avant de m’amener le plat !!! Mais il faut dire que j’ai l’outrecuidance de penser que vu que je paye, je peux choisir ce que je mange et que j’ai le droit de croire que cette putain de rondelle de tomate de merde n’a pas sa place dans mon burger (« Il s’emballe là » Pensa le lecteur).

Bref, je rêve sincèrement de pouvoir avoir en France une vraie qualité de service sans avoir besoin d’aller dépenser un SMIC dans un trois étoiles. Je pense que si nous mettions en place le système de « tips » comme partie intégrante du paiement du service, cela ferait vraiment du bien. Après moi je dis ça, je m’en moque maintenant, c’est pour vous que je fais tout ça J

Le choc culturel

10. janvier 2014

Et bien nous y voilà, nous sommes aux Amériques! Quel chemin depuis mes Landes natales. Et c’est avec ravissement et pleins d’étoiles dans les yeux que j’ai découvert ce vaste pays si riche de son melting pot culturel. Surtout Seattle ou du fait de la présence de grands groupes comme Microsoft, Amazon ou Boeing, de très nombreuses nationalités sont représentées.

Et parfois ça pique un peu les yeux. Car ce qui nous parait proprement immonde peut s’avérer pour une autre culture tout à fait normal.

Prenons par exemple la journée de hier. J’ai passé cette dernière dans une grande salle avec un peu plus de 100 personnes à discuter de sujets variés. Le truc qui a…comment dire…piqué ma curiosité pour rester poli, c’est ce petit moment de délice ou un des gars est venu s’assoir à ma table après avoir nonchalamment lâcher une monstrueuse caisse qui aurait fait passé la malaria pour un vulgaire rhume. Du coup sur le moment, on est toujours un peu surpris. Je me suis dit « ça arrive, le gars est peut-être super malade et vit ses dernières heures, du coup il s’en fout un peu finalement. Et même quelque part vu le niveau du truc il essaye de se vaporiser lui-même pour survivre sous forme gazeuse ». Mais pas du tout, dans sa culture (que je tairais ici pour ne pas stigmatiser) c’est un fait standard. Comme manger avec les doigts en faisant un bruit de d’éléphant qui gobe du pudding par la trompe (et j’adore le bruit c’est un fait).

Bien évidemment cet exemple est le plus flagrant mais il en existe d’autres plus sournois. Comme les claviers sans accent en qwerty. Ne cherchez pas, c’est officiellement le truc le plus pénible quand on arrive ici. Je me tape des crises de nerfs lorsque voulant faire CTRL+Z (undo) je fais CTRL+W (fermer la fenêtre courante).

Il y a aussi les toilettes dont la porte ne cache pas tout. Il y a genre 5 bons centimètres (pardon 0,164 feet) de chaque cote tout le long afin que l’on puisse vous voir à l’œuvre. Au début j’ai essayé de boucher avec du papier toilettes mais après j’avais l’impression d’être dans un nid d’oiseau en coton.

Bon par contre soyons clair, il y a aussi énormément de choses supers. Comme le service par exemple. C’est un ravissement. Cela me change du service à la parisienne ou le serveur te crache ton café dans la tasse en te posant l’addition sur le genou tout en te faisant signe de partir vite car d’autres attendent. Non, ici c’est poli, agréable et courtois. D’aucuns diront que c’est feint mais au final on s’en branle, le résultat est que tu es content de manger et que tu apprécies d’autant plus ton repas du coup.

J’aime aussi beaucoup la démesure ici. Par exemple pour faire les courses, il faut louer un semi-remorque parce que ne comptez pas trouver les rouleaux de sopalins par 3, ils sont vendus par 300 et du coup nous n’en achèterons plus jamais de notre vie, vu que la palette que l’on a acheté sera sans doute transmise à nos héritiers.

Bref, au final c’est diffèrent, mieux pour certaines choses, moins pour d’autres mais cela fait partie de l’aventure 

Les trucs qui me broutent

15. novembre 2013

Prenez ce post comme un exutoire, une solution pour ne pas libérer l’instinct sauvage qui me susurre à l’oreille de massacrer à la petite cuillère rouillée l’intégralité des gens qui font des trucs qui me mettent le ravioli en feu.


J’ai donc décidé dans un grand acte d’humanité de recenser ici une partie des choses qui me sortent par tous les pores de la peau afin de vous faire partager mon désespoir.


D’aucuns pourraient dire (les vilains) que je deviens (suis ?) un vieux con. Que nenni ! J’atteins en fait cet âge merveilleux ou la sagesse remplace la fougue (comprenez par-là que passé dix heures du soir, il n’y a plus personne).

Fort de cette sagesse nouvelle, je m’en vais vous lister les sources de mon malheur (par ordre de pagaille, cela va sans dire) :

  1. Les cyclistes qui considèrent que non, finalement c’est sûr, les feux rouges ce n’est pas pour les véhicules sans moteur. C’est tellement plus amusant de tenter sa chance au grand jeu du « je suis plus rapide que la voiture qui va couper ma route, ha ha… »
  2. Les gens qui font du bruit avec leur voiture sous ma fenêtre (cf. un autre post sur ce blog) et plus particulièrement ceux qui sont certains que l’humanité ressortira grandie du fait qu’ils font ronfler comme des veaux en rut leur gros moteur lorsqu’ils sont au feu rouge (oserais-je faire remarquer que le trafic dans la région Parisienne implique qu’une voiture avec un moteur de tondeuse à gazon ouzbéque suffit pour aller à la même vitesse).
  3. Les gens qui arrivent à la bourre dans les réunions ou je suis. Qu’ils arrivent à la bourre dans d’autres réunions, à l’extrême limite, je veux bien. Mais dans MES réunions, je ne peux pas. Je suis un être ingrat il faut bien le savoir. Je devrais plutôt les remercier de m’offrir ces quarts d’heures de vide ou je peux me recentrer sur moi-même afin de me ressourcer. Il est évident que c’est le mieux pour moi. Poireauter comme une moule sur son rocher seul dans ces grandes salles de réunion, c’est ma vie, mon œuvre. Je sais maintenant que je suis né pour cela.
  4. Les gens qui vous donnent l’impression que ce que vous venez de leur demander était exprimé en Klingon.
  5. Les gens aimables derrière leur guichet qui vous accordent toute l’attention due au fait que nom de Zeus, c’est vous le client. Et que non, la diarrhée verbale que tu viens d’essayer de me faire passer pour un bonjour n’est pas en adéquation avec le « ici le client est roi » écrit sur ton mur moisi.
  6. Les piétons qui traversent devant vous, lorsque votre feu est vert et que donc forcément le leur est rouge, en vous regardant droit dans les yeux en pensant « je t’emmerde mais d’une force, tu imagines à peine, poum ploum ploum… »
  7. Les gens qui ne répondent pas à mes mails. Surtout ceux qui n’y répondent pas du tout (vous pourriez attendre 10 ans, faire 20 relances, séquestrer leur famille, cela serait pareil, leurs boites email ne marchent pas comme les nôtres. Ils ont un système aléatoire qui efface les mails avant qu’ils ne puissent les lire. C’est balôt)
  8. Les gens de mauvaise foi qui en vous regardant droit dans les yeux avec l’aplomb d’un guerrier celte et qui vous lancent des « Ah bon ? Non je n’ai pas reçu ton mail » ou encore « Punaise, la réunion précédente était interminable »
  9. Les motards qui remontent les files de voiture et qui si tu ne te pousses pas vont venir te broyer les genoux avec des écrous parce que c’est logique sur une voie faite pour deux voitures de devoir monter sur le terre-plein central afin de les laisser passer.

 

Mais bon au final comme disait Mamie Catuhe, tant que la santé va tout va 

Divers

La technique secrète du Kung Fu Mailing

3. octobre 2013

Nous recevons tous énormément de mails dans une journée. Cet outil de communication exceptionnel est toutefois devenu un cauchemar pour certains d’entre nous.

Nous connaissons tous quelqu’un (voire vous-même) qui a abandonné le combat en criant « laissez-moi là je vous ralentis ». Ce pauvre hère se retrouve alors avec plus de 5000 mails non lus dans sa boite aux lettres et chaque jour vient remplir ce tonneau des Danaïdes avec sa ration de nouveaux courriers.

Les victimes de ce fléau mondial sont chaque jour plus nombreuses et j’aimerai ici tenter du haut de ma petite histoire de vous expliquer comment je fais pour chaque soir avoir moins de 5 mails non traités dans mon cher Outlook.

Tout tient en une seule phrase : Je pratique le Kung Fu Mailing.

Je ne partage toutefois pas ce secret par altruisme mais plus par égoïsme car j’en ai raz les tuyaux d’envoyer des mails dans des vortex spatio-temporels d’où ils ne sortent jamais. J’ai même des clients qui m’écrivent pour aller demander à des collègues de bien vouloir répondre à leur mail ! On en arrive à de telles extrémités que je vois de plus en plus de personnes qui ont perdu l’espoir et qui viennent voir leur destinataire pour lui dire « je t’ai écrit un mail » (comprendre : « bon comme tu me sembles avoir lâcher la rampe, je viens délicatement te faire remarquer qu’il faudrait que tu mettes tes gants et ta combinaison pour aller retrouver dans ton merdier ce que je t’ai écrit afin, chose folle, d’y répondre »).

J’ai aussi droit à ceux qui se la jouent « ah bon ? Non j’ai rien reçu, tu peux me le renvoyer ? ». Parce qu’il est bien connu que le transport de mails se fait par bateau et que les actes de pirateries et de sabordages sont monnaie courante. Aucun rapport avec un manque flagrant d’organisation. Non, pas du tout.

BREF ! Nous allons voir ici les arcanes d’une technique de Kung Fu transmise à travers les âges. Notez bien que je ne fonde que peu d’espoirs dans le changement que ce post pourrait opérer mais au moins il aura eu le mérite de me défouler.

Notez également que ces règles marchent mais que je n’ai mené une étude clinique que sur une seule personne donc la fiabilité statistique est un peu moisie.

Règle n°1 : Lire rapidement (en moins de 2 heures) chaque mail avec trois possibilités par la suite:

  1. Le mail est pour vous informer mais n’attend pas de réponse. Supprimer le (oui dans la poubelle, on y reviendra)
  2. Le mail attend une réponse d’une autre personne que vous mais vous sentez bien que cette réponse ne viendra pas avant que vos enfants aient des enfants. Répondez de manière laconique pour indiquer que vous avez vu le mail mais que vous n’avez pas la réponse (genre : « exact, je suis d’accord, c’est vrai, pas faux, ou un smiley (ca marche bien les smileys)). Cela permet de faire passer la balle à une autre personne que vous. Supprimez le mail par la suite (toujours dans la poubelle)
  3. Le mail est pour vous. Soit vous pouvez répondre et vous avez le temps de le faire. Soit vous ne pouvez pas. Dans ce cas, mettez le mail dans un répertoire « à traiter », mettez-vous une heure dans votre calendrier pour traiter les mails « à traiter ». Avec de la pratique cette étape se simplifie. Dans mon cas, je laisse le mail dans ma boite de réception et je la vide lors de mes phases de traitement des mails. Une fois traité, le mail sera supprimé.


Règle n°2
: Etre interruptible. C’est le point faible de cette technique de Kung Fu. Ou plutôt disons que c’est le point sensible. Vous devez pouvoir être facilement interruptible dans vos tâches pour traiter les mails. Les grands maitres arrivent à traiter les mails au fil de l’eau. Un jeune padawan le fera de temps en temps (mais au moins toutes les deux heures).


Règle n°3
: Ne JAMAIS vider sa corbeille. En effet c’est là que résident vos mails une fois traités. Il faut donc les garder afin de pouvoir les rechercher le cas échéant. Car tout le secret de cette technique s’appuie sur la capacité d’Outlook à indexer les mails et donc à pouvoir faire une recherche dedans. Il vous faudra donc bien maitriser l’outil de recherche avec notamment les champs spéciaux (genre from :, to :, hasattachments, etc…)

En respectant ces quelques règles, vous passerez doucement du statut de victime du système à celui de Grand Maitre qui Maitrise l’Outil. Et ça, c’est la classe (alors oui, cela va piquer un peu au début car il faut déblayer les tonnes de messages accumulés afin de repartir avec une boite aux lettres vide.  Mais sincèrement, entre une boite vide ou une boite avec 5400 mails non lus, du point de vue usage c’est la même chose).

Pinailleur

27. septembre 2013

Je suis clairement un pinailleur ou plutôt un méticuleux (merci aux copains pour m'avoir fait enlever perfectionniste).

D’ailleurs si vous me permettez une digression (formule purement rhétorique puisque si vous ne me le permettez pas je continue quand même. Mais bon pour vous donner une impression de pouvoir, je fais des efforts. Ne me remerciez pas je suis comme ça), j’ai toujours trouvé drôle les gens qui lors des entretiens d’embauche répondent « je suis perfectionniste » à la question « Citez un de vos défauts ». Mais bien sûr, prend moi pour un con. Que tu dises « J’aime manger des chips poivrés dans des chaussons en peau », ça oui c’est un vrai défaut. Là tu t’assumes mon gars ! Mais ton « je suis perfectionniste » c’est tout mou, c’est pas bon ça coco.

Bref, je m’emballe.

Donc je suis un méticuleux et vous l’aurez compris, pour moi, c’est une qualité. J’ADORE passer des heures à pinailler sur la position d’une icone dans mes applications ou encore à me demander si le fond serait mieux en taupe ou en marron de Madagascar par temps de pluie. Ce qui est drôle c’est que lorsque ma femme fait la même chose avec les rideaux j’ai une grosse tendance à m’en battre les noix avec une brosse à bois. Mais pour autant dans mes applications cela me touche. Je suis un grand sensible mais un sensible sélectif.

Je trouve que c’est presque un art et un vrai plaisir de chercher la petite bête et surtout de réfléchir au pourquoi là je mets un bouton mais là je mets un slider.

Je considère le développement comme un art et une manière d’exprimer notre créativité. Et finalement nous sommes (nous les développeurs) comme des artistes, on peut revenir sans cesse sur notre application sans jamais arriver à atteindre la perfection recherchée. Comme dit l’expression : « cents fois sur le métier tu remettras ton ouvrage ». Et c'est exactement ce que je fais. Je sors mes applications et sans cesse je leur rajoute des fonctionnalités, je les mets à jour, je change des comportements rejetés par les utilisateurs et je ressors de nouvelles versions. Je crois en la vertu de confronter son oeuvre à sa cible.

Alors forcément après on a les artistans et on a aussi les peintres en bâtiment du code voire même les industriels du code.  Je ne critique pas notez-le bien. Je constate.

Divers

Je vis en ville...

14. septembre 2013

Je vis en ville. C’est une erreur je m’en rends compte mais si je ne veux pas passer un quart de ma vie dans une voiture je n’ai pas le choix.


Cet état de fait en entraine un autre. Je vis dans le bruit. Constamment. De la mobylette modifiée pour gagner 2kms/h à la machine de nettoyage des rues qui sur ma ville passe tellement souvent qu’ils arrivent à générer une couche constante de produits nettoyants sur les trottoirs, il y a toujours du bruit.


Il se trouve que par un parfait alignement des planètes le jour de ma naissance, je déteste le bruit. Cela peut me rendre complètement débile. Plus il y a de bruit et plus je deviens con. Et selon les expériences récentes, le système ne semble pas borné.
Heureusement (pour moi) mon éducation et la pression sociale garde la bête en cage.


Prenons par exemple ce charmant week-end que je suis en train de passer. Tranquillement en train de flâner sur mon ordinateur, je suis doucement tirer de ma torpeur par une armée d’abrutis qui passent discrètement  sous MA PUTAIN DE FENETRE avec des voitures de courses en location en prenant bien soin de faire passer leur accélérateur à travers le plancher de la voiture. Ceci bien sûr pour produire le plus gros boucan possible, merci.
Alors là, la bête elle me dit : « Tranquille Robert (elle m’appelle Robert pour une raison qui m’échappe), on va gentiment aller s’acheter un jeu de boules de pétanques et on va leur faire une démonstration scientifique de la poussée gravitationnelle. En bonus, ils pourront s’amuser à déterminer la forme géométrique engendrée par une boule de métal enfoncée dans le capot d’une Porsche. Cela sera charmant. »


Je ne cède toutefois pas (hélas ?) à la tentation car mon cher maitre Yoda m’a enseigné que la violence ne résout rien. Par contre il m’a aussi appris à appeler les forces de l’ordre pour justement le remettre (l’ordre).


Et c’est là que j’aime les fleurs, les gens et les fusils à canon sciés. Car ces chères forces de l’ordre répondent à ma supplique et me signalent que non, finalement, ils ne peuvent rien faire si les gens sont cons c’est à la vie qu’il faut se plaindre. Apparemment il serait légal en France de faire chier la Terre entière en faisant un vacarme faisant passer un concert de Metalica pour des chants grégoriens.


Le plus drôle (ou triste selon) c’est de se dire que leur voiture de collection (de location !) sont l’équivalent moderne d’un bambou attaché avec de la corde à leur sexe afin de le rallonger.


Si on vous demande mon opinion, je suis pour une invasion extra-terrestre. L’humanité a raté un tournant, il faut corriger.

Divers

La jouissance du développeur

9. septembre 2013

Je voudrais partager avec vous une expérience que de nombreux de développeurs ont connu dans leur vie. Une expérience qui m’est arrivée ce week-end.

Tout a commencé il y a quelques temps quand je me suis décidé à ajouter une nouvelle fonctionnalité (suite à un moment mou) à Babylon.js. Pour les curieux, il s’agissait de rajouter l’exportation des bones (l’animation de personnages) de Blender vers le format de fichier de Babylon.js.

Comme je suis maintenant un vieux maitre en haut de sa montagne je confiais cette tâche à un esclave collègue (Guillaume) me disant que vu que c’était sur-relou à faire autant que ce ne soit pas moi qui le fasse.

Le pauvre bougre passa deux semaines dessus, à suer du sang, à se nourrir à la paille et à pisser dans une bouteille afin de maximiser le temps de travail. Et pourtant il faillit. Couvert de honte, il vint me voir à mon bureau ou il fit état de son échec cuisant. Fort de ma légendaire pédagogie, je me foutais lourdement (contrairement à mon habitude) de lui, le traitant de vieux poulpe sec incapable de coder une addition.

Grand seigneur, je me portais donc à son secours en lui disant que j’y passerai dix minutes en début de week-end ce qui devrait être largement suffisant.

Et là, ce fut le drame.

Je m’y mettais donc le vendredi soir d’une main nonchalante avec un œil sur Secret Story. Quelques heures plus tard, en sueur, l’œil terne et le poil gras je commençais à me rendre compte de l’effroyable réalité : Ça allait être la guerre ! Le code de gestion des bones au sein de Blender est sans doute le septième cercle de l’enfer. J’y ai même croisé Dante. Chaque information est accessible par 19 biais différents avec 19 significations différentes.

Afin de ne pas rajouter un divorce à la folie ambiante, j’allais toutefois me coucher aussi détendu qu’un chat sur un grill brulant.

A 6h30 le matin suivant, je repartais à la guerre, dans la boue, me nourrissant de petits animaux et de racines, progressant de quelques mètres et reculant d’autant les minutes suivantes. 

Et cela dura ainsi jusqu’au dimanche après-midi. 

Heureusement il y eut le « Docteur House Effect ».

Ma femme fit une remarque anodine sur le fait que je n’étais pas lavé, que je n’avais pas mangé depuis deux jours, que je sentais le chacal mort et que des mousses commencaient à pousser sur les roulettes de mon fauteuil. Et dans les ténèbres de mon esprit ou seulement quelques mots parvinrent à trouver leur chemin jusqu’à ma conscience, la voie de ma muse déclencha une réaction en chaine incroyable qui se conclut par la formation d’une petite idée toute fragile. Je la mettais de côté, l’arrosant avec amour et la nourrissant de tout mon espoir. Elle germa et finit par donner ses fruits : J’avais la SOLUTION à mon problème !!

Je pouvais ENFIN exporter les animations de personnage depuis Blender vers Babylon.js. Ce moment-là pour un développeur peut être qualifié d’orgasmique. Après des heures dans le désert à se faire sortir le cerveau par les oreilles, on trouve enfin l’oasis tant recherchée. Et c’est bon, cela fait du bien, on pleure, on rit, on fait la parade à poil dans l’appartement en chantant du Goldman. Bref on est content !

J’appelle çà la jouissance du développeur.

 

 

 

 

 

Divers

Le moment mou

30. août 2013

Je suis un créatif. Pas au sens où les gens l’entendent d’habitude toutefois. Je ne suis pas bon dessinateur par exemple. Les dernières personnes qui ont vu un dessin que j’avais réalisé ont entamé une retraite dans un monastère après avoir passé plusieurs jours à courir nu dans la rue en criant « Le diable existe j’ai vu ses entrailles récemment ». De même je ne suis pas musicien. Je ne sais même pas siffler. Demandez à  mes collègues ce dont je suis capable quand j’essaye. Cela ressemble à un appeau à ultra-sons plus qu’à un son radieux et agréable.

Pour autant, je suis un créatif mais j’exprime ma créativité différemment, par le code, par la création d’applications et de frameworks que j’adore peaufiner, améliorer et confronter à des utilisateurs. Rien ne me plait plus que de lire des commentaires de personnes qui se servent de mes outils et qui les apprécient. C’est par ce biais que j’exprime cette énergie bouillonnante.


La dernière en date c’est l’ajout des bones à babylon.js (www.babylonjs.com)  mon moteur 3D temps réel pour le web dont je ne suis pas peu fier (au passage les bones pour les béotiens c’est ca : http://www.babylonjs.com/index.html?10). Quand je crée, que je peaufine ou que je bosse sur mon code, je passe dans un mode un peu particulier. En gros, 2% de mes neurones restent affectés au tout-venant (manger, dormir, faire sembler d’écouter ma femme, avoir un semblant de vie sociale, etc…). Les 98 autres pourcents sont intégralement dédiés au développement du code que je suis en train d’écrire. Ma femme adore quand je suis dans ce mode car elle sent bien qu’elle a toute mon attention. Je suis d’une exquise compagnie dans ces moments, surtout s’il s’avère que j’ai un bug à corriger. Je concours alors à l’oscar de l’homme invisible. D’ailleurs si on doit sortir pour aller au restaurant par exemple, elle prend maintenant la précaution de demander si j’ai un bug ou pas pour savoir si elle dinera seule ou avec moi.


Le problème c’est que toute cette belle énergie crée une dépression lorsque la fonctionnalité à produire est prête. C’est alors le moment mou ! 98% de mon cerveau se retrouve sans but, inerte et je ressemble alors plus à un homme politique sur les bancs de l’assemblée qu’à un super créateur de code en pleine possession de ses moyens. Je me déplace alors plus par reptation qu’en marchant allant mollement de mon lit au canapé à mon bureau. Je suis une grosse limace molle qui erre dans le désert d’un univers où il n’y a rien à coder.


Pourtant à l’intérieur c’est le branle-bas de combat :
- La Décision : Bon les gars, on est dans un instant mou, il faut prendre une décision. Donnez-moi une vision claire de nos options !
- La Créativité : Bordel mais on a deux millions de trucs à faire : les lens flares, le morphing pour babylon.js, ranger les cartes Magic par ordre de progression colorimétrique inverse, porter Collecto sur Win8, porter Urzagatherer sur Windows Phone, (s’en suit une liste longue de plusieurs heures de trucs TropCoolAFaire©)…
- Représentant officiel de ma femme (seule membre extérieur autorisé à siéger au comité de pilotage par la force de son pouvoir « Derrière l’Oreille ») : Ouais bof, je ne suis pas super jouasse avec l’idée de repartir en mode débile en fait.
- L’esprit Geek : Mais sans déc les mecs, il y a Atlantic Rim au ciné, apparemment c’est des gros aliens qui se font attaquer par des robots de l’espace. Ca doit juste être ultime !!
- La Décision : Enorme ! Je suis assez fan. On est comment niveau corps ?
- Le Corps : Bon ben niveau réserves, on a environ 34 ans d’avance sur le stock de gras. Après pour le reste niveau musculaire, on doit pouvoir faire 20 mètres avant l’épuisement et la mort par inanition. Cela devrait suffire pour aller jusqu’à la voiture.
- La Décision : Chaud. Ça va être tendu si on ne peut pas se garer devant l’entrée du cinéma.
- L’esprit Geek : Sinon on peut glander sur Facebook/Twitter en bavant ?
- La Décision : Deal !


Et cela peut durer des jours. Je note toutefois qu’au final c’est la Créativité qui finit toujours par gagner !

Divers, Philo

De l'art de garder son calme...

23. août 2013

C'était mon anniversaire cette semaine et même si je pourrai vous parler de mon espoir impatient de voir la science progresser afin que je devienne immortel, ce n'est pas de cela dont je voudrais discourir ici.

En fait je me suis offert un cadeau un peu particulier. En tant que geek de classe Vega, je suis fan de cartes Magic et surtout j’en suis collectionneur. Collectionneur, c’est un état d’esprit, un art de vivre et seuls les collectionneurs sont à même de comprendre un autre collectionneur.

Toujours est-il que je me suis offert une carte très rare. Elle et moi c’était une histoire longue de plusieurs mois. On se sentait le cul depuis très longtemps, on se tournait autour, faisant semblant de ne pas nous voir. Bien sûr les regards échangés ne trompaient personne. On était fait l’un pour l’autre et par là il faut bien sur comprendre que les euros de mon compte étaient faits pour rejoindre ceux d’un obscur vendeur teuton nommé bien justement « Alexy456 ».

Bref, me délestant d’une somme honteuse, je passais donc commande auprès de ce fier germain. La téléportation n’ayant pas encore été inventée (Il faudra d’ailleurs que je fourre mon nez là-dedans car je ne sais pas ce que branlent les scientifiques mais cela commence à devenir légèrement long là et cela ruine mes plans de vivre à la montagne tout en travaillant à Paris. D’autant plus que dans tous les documentaires scientifiques que je regarde ils y arrivent facilement. Par exemple dans un épisode de Star Trek visionné récemment, ils montent un téléporteur avec une gencive de gnou et un poste radio. Cela ne doit pas être bien dur de facto. Mais refermons là cette tentative de parenthèse la plus longue du monde et reprenons notre récit haletant), ce pauvre Alexy456 a dû, le désespoir dans le cœur, se rabattre sur un envoi postal.

Comme je dois travailler pour me payer des cartes nourrir ma famille, je n’étais pas là le jour ou le charmant agent postal est venu sonner à ma porte pour me remettre la missive tant attendue. Il me laissa donc un adorable avis de passage, écrit sans doute sous les bombes avec un bras mutilé et de nuit. Après expertise par un ami spécialiste des civilisations précolombiennes, il semblait que cet exquis monsieur me signalait que mon courrier serait disponible au bureau de poste proche (selon les normes de Jupiter) de chez moi.

Prévoyant que je suis, je posais donc un RTT afin de trouver un horaire compatible avec cette noble institution. Tout bouillant d’excitation je me présentais donc à l’officine en question ou je découvrais une queue de 19 personnes et un seul guichet ouvert. Je me disais le cœur rempli d’amour pour l’humanité qu’il est bien naturel que les agents de la Poste prenne des congés même si apparemment ils les prenaient tous en même temps afin de garantir le meilleur service possible.

Après vingt minutes d’attente, le ciel s’ouvrit, une lumière divine vint nous nimber et d’une porte derrière le comptoir un SECOND agent de la Poste arriva. Malgré la joie et l’allégresse qui régnaient alors, je pus distinguer que ce dernier posa nonchalamment un magazine « Entrevue » sous son comptoir. Alors bien sur loin de moi l’idée de croire qu’il était en train de ne pas en tirer une dans son arrière-boutique, je ne fais que relater les faits de manière froide et détachée. Il est évident qu’il devait se servir de cet ouvrage pour améliorer sa connaissance des processus de livraison ou encore qu’il le lisait pour mieux appréhender la logistique et le traitement des clients en heures creuses. Sans aucun doute.

Quarante minutes plus tard, j’arrivais finalement en terre promise, tendant fébrilement mon sésame. Le receveur me demandant avec la délicatesse d’un rhinocéros ayant des hémorroïdes ma pièce d’identité. J’étais alors à cet instant patience et amour rassemblés en un seul être. Mais, par la force du kungfu que je pratique à haute dose dans toutes les BDs que je lis, je restais de marbre.

Le coup de grâce arriva quand il me demanda ce que pouvait bien contenir cette lettre en provenance d’Allemagne et ceci en m’appelant par mon prénom (qu’il avait eu l’insigne finesse de voir sur ma carte d’identité) car apparemment nous avions été tout deux éleveurs porcins dans les Landes lorsque nous étions jeunes. Ma réponse draina en moi toute la grâce que l’évolution a su placer dans notre héritage génétique en partant depuis les dinosaures. Forte de cette énergie elle passa le firewall de mon éducation et gerba sur la tronche médusée de mon si taquin interlocuteur.

Tout ça pour dire que je me suis offert une carte Magic et que j’ai passé un super Vendredi matin

Philo