Guide de survie quand vous n’êtes pas désorganisé

19. avril 2016

Je constate de plus en plus un relâchement massif de mes chers collègues en ce qui concerne l’organisation générale de leur travail.

A peu près deux fois par semaine je suis en effet amené à avoir ce genre de discussion :

  • Salut Robert (nous l’appellerons Robert pour préserver ce qui reste de sa dignité)
  • Salut David !
  • Dis-moi, tu as reçu mon mail ou je te posais une question importante pour la survie de l’humanité à court terme ? (En fonction de mon humeur, cela peut aussi se transformer en : Salut grosse merde, tu n’as toujours pas réussi à répondre à un de mes emails sans que je te relance 22 fois ?)

En général, la réponse touche au divin:
  •  Ah non, je ne l’ai pas reçu, peux-tu me le renvoyer ?

 

Posons-nous un instant afin de vraiment apprécier la puissance de ce genre de réponse et imaginons la même chose si nous parlions de courrier postal. Qui oserez dire aujourd’hui : « rahhh ! désolé, je n’ai pas reçu ta lettre, peux-tu me la renvoyer ? » Même le dernier des faisans n’oserait pas dire ça. Sachant d’autant plus que le courrier électronique est sans doute 20 fois plus fiable que ces buses de la Poste (ne serait-ce que parce que si pour une raison inconnue le mail ne peut être délivré, je recevrais un message).

Et pourtant la vaste majorité des branle-couilles qui osent me répondre ce genre de choses n’ont aucun complexe à insinuer qu’ils n’ont pas reçu mon courrier non pas parce que ce sont des mites en pullover en ce qui concerne la gestion de leur boite aux lettres mais plutôt car il doit y avoir un bug dans le serveur de mails ! Il est bien entendu que cela ne peut avoir AUCUN rapport avec les 27000 messages non lus de leur messagerie.

Alors forcément à cause des dictats sociaux il m’est impossible de leur faire manger le crépis quand ils me prennent ouvertement pour un con (Et en plus on manquerait vite de crépis).

Après, pour nuancer (vous constaterez aisément en lisant mon blog, que c’est une de mes grandes qualités, la nuance), je me dis que nous vivons dans une société qui nous écrase de messages, de courriers et que cela peut s’avérer difficile de faire le tri.

Du coup pour rester positif, je pars du principe qu’un mail dont je n’ai pas de réponse dans une période de temps dépendant à la fois du contenu du mail et de mon humeur est un mail qui a été lu et dont la non-réponse constitue en fait une réponse. J’ai nommé cette période la durée temporelle de convenance ou DTC.

Par exemple, un mail ou je demande à quelqu’un de valider un texte avant publication a une DTC de un jour. Au-delà d’un jour, je publie.

De plus, chaque destinataire entrainant un dépassement de DTC est associé à un compteur interne que j’incrémente. A partir d’une certaine valeur (dépendant majoritairement de sa place dans la hiérarchie et du nombre de mails non lus dans sa messagerie), le destinataire en question est ajouté à ma liste « Est un organisme monocellulaire de type amibe ». Les heureux membres de cette liste sont considérés comme toujours d’accord avec moi et du coup ne nécessitent plus que je leur écrive. De plus, s’ils me demandent si d’aventure j’ai reçu un mail qu’ils m’auraient envoyé, ils sont bien sur eligible pour recevoir la réponse: » Ah non…comme c’est ballot, tu peux me le renvoyer ? ».