Le contrat

30. juin 2016

J'ai pour règle de ne jamais parler de politique en public car cela se termine toujours en eau de boudin (La race des humains disposant du super pouvoir de l'écoute des autres s’étant éteinte lors de la dernière glaciation).

Pourtant je vais aujourd'hui faire une entorse à ma règle. Je voudrais en effet proposer une idée pour rétablir la confiance car il semblerait que cette dernière se soit perdue en route.

Pour cela je voudrais que l’on mette en place un système qui semble fonctionner dans à peu près tous les corps de métiers : le contrat.

Disons que vous vous vouliez faire travailler un artisan. Vous allez d’abord discuter le bout de gras avec lui, il va par la suite vous faire une promesse et va finalement établir un contrat. En paiement de ce contrat vous allez lui donner de l’argent et lui il va faire ce qui est décrit dans le contrat. S’il joue au con et vous fais autre chose que ce qui était prévu, le bras armé de la justice lui facilitera le transit et vous ne serez donc pas trop lésé.

Et bien sûr cela marche ainsi à peu près partout. Si un contrat n’est pas respecté celui qui est en faute est puni.

Mais pour une raison qui échappe à l’entendement cela ne marche pas comme ça en politique. Non, dans le monde politique on peut dire et faire de la merde, ce n’est pas grave. Je pense même qu’ils se chauffent entre eux avec une sorte de concours de quéquettes à celui qui dira la plus grosse connerie sans rire. Et cela me donne la délicate sensation de me faire délicatement rouler dessus par un 38 tonnes.

Comment en effet expliquer autrement la mite en pull—over anglaise, leader du mouvement pour le Brexit, qui promettait aux anglais de réutiliser les 462 millions de dollars soi-disant envoyés chaque semaine à Bruxelles pour financer le service de santé et qui dès le lendemain de sa victoire aux élections disait tout en se touchant la nouille que finalement c’était une blague, que la somme n’était pas bonne, qu’il était désolé pour le gravier et que si certains avaient mal au cul il pouvait fournir la crème.

Comment voir notre clown national dire la main sur le cœur que promis, sur la vie de ma mère, je ne touche plus aux impôts, sa race je vous le jure ! Et quelques semaines plus tard entendre le même steak nous présenter une nouvelle taxe pour aider les nouvelles régions. Les mêmes régions qui furent créer pour faire notamment des économies d’échelle.

Je n’aurai pas assez d’une vie pour faire la liste du nombre incalculable de fois ou les hommes et les femmes politiques se dédient, ou même mentent ouvertement (je pense que dans les écoles pour devenir politiciens, il doit y avoir des cours de théâtre de niveau stellaire)

C’est pourquoi je propose que pour être élu, un candidat doit présenter un contrat listant ses promesses.

A partir de là, trois cas :

-          Soit la promesse nécessite du temps et elle sera donc jugée à la fin du mandat : Genre « je ferai baisser la vitesse de progression croissante de la fluctuation quantique du chômage ». Si ce n’est pas le cas, Bam ! on te tombe sur le râble ! Cela permettra que l’on évite les promesses électoralistes du type “moi président, c’est un slip en or intérieur cuir pour tout le monde”

-          Soit la promesse est dite “sèche” et prend effet immédiatement : « Il n’y aura pas de cumul des mandats sous ma présidence ». Si jamais le politique devait se dédire, Bam ! On te retombe sur la gueule !

-          Soit il ne s’agit pas d’une promesse mais d’une tentative sans engagement et c’est spécifié noir sur blanc. Chacun est donc au courant qu’il n’y a aucune garantie et que donc si ça ne marche pas faudra pas venir chialer.

Si le contrat est rompu, comme pour tout contrat, une suite pénale sera donc envisagée. C’est aussi simple que cela.

Le peuple paye le contrat avec ses voix. Le candidat doit donc délivrer un service.

De plus dans le cadre d’une campagne électorale, un organisme du type CSA sera en charge de faire du « fact checking » pour garantir que tout un chacun reçoive les bonnes informations. Si un candidat cite un chiffre ou évoque un fait et que ce dernier est faux, il sera également poursuivi. Comme lorsqu’on vous vend une voiture de marque allemande qui est censée peu polluer et que dans les faits elle fume comme une vieille truie mâchant des Malboro.

Comme ça les promesses n’engageront pas uniquement ceux qui y croient.

Finalement en annexe, je propose aussi faire passer un test de QI à toute personne souhaitant proposer une loi. On évitera les blagues du style : “mon neveu m’a dit qu’on peut acheter de la drogue sur internet, je propose qu’on interdise internet”.