Comment j’ai perdu foi en l’humanité…

1. juin 2015

J’ai une maladie dont je voudrais parler ici.

Je suis bruitophobe. La bruitophobie se caractérise par une envie de massacrer à la pelle à tarte les gens qui font du bruit. C’est une maladie assez rare mais relativement chiante à vivre surtout quand on fait les mauvais choix.

En effet, il y a quelques années, j’ai eu la merveilleuse idée de monter vivre à Paris avec ma chère et tendre (qui je dois l’avouer est elle aussi frappée du même syndrome mais à un niveau encore plus élevé). Or vivre à Paris quand on est bruitophobe c’est comme sniffer un champ de blé quand on est allergique au gluten.

Il faut savoir une chose importante sur les villes (surtout les grandes). Elles sont en quelques sortes une ode à une des plus grandes inventions de l’humanité : La promiscuité. Ainsi, bien avant le feu, la roue ou la truelle, l’humanité s’est distinguée par une fulgurance rare. En effet, un jour il y a très longtemps, au détour d’une nuit glaciale, nos chers ancêtres ayant trouvé refuge dans une quelconque grotte se sont sentis bien cons lorsque Maurice (le chef) s’aperçût que la grotte n’avait pas de convecteurs. Après de longs débats, une idée pointa toutefois le bouton de son nez. On allait s’entasser comme des moules les uns sur les autres et comme cela on aura une sorte de chauffage naturel en plus du plaisir des sens pour qui aiment les mycoses plantaires. C’est ainsi que fut inventée la promiscuité.

Par la suite, quand les grands architectes modernes lancèrent la mise en place des nouveaux centres urbains, ils décidèrent d’en faire un témoignage poignant à cette belle invention.

C’est ainsi qu’habiter à Paris se résume finalement à pratiquer la version moderne du tas d’humains de la préhistoire. On s’entasse a plus de 250 appartements dans une tour et du coup on fait des économies de chauffage.

Le seul hic, c’est que la connerie est si parfaitement répartie au niveau de l’humanité que cela en deviendrait presque artistique. Et du coup, quand vous avez 8 voisins de palier (sans compter dessus et dessous) et bien vous avez 8 fois plus de chance de tomber sur la perle. LE Voisin avec un V majuscule. Celui qui vous fera faire des recherches sur Internet pour connaitre la formule de la mort aux rats.

Nous avons la chance avec ma femme d’en avoir connu quelques spécimens lors de notre séjour à paris.

Par exemple, nous avons eu celui qui se dit que vivre à deux dans 50m2 c’est encore trop de place libre vu que l’on voit toujours le sol par ci par là. Du coup, on va acheter deux chiens (un seul serait une insulte à l’intelligence). Et comme on travaille toute la journée pour payer un loyer qui ailleurs vous permettrait d’avoir toute l’aile ouest de Versailles, il se trouve que les adorables canidés se retrouvent seul de 8 heures du matin à 8 heures du soir. Et que fait un chien qui se fait chier ? Il gueule comme un gros con. Non-stop. Toute la journée. Lui il s’en fout il n’a pas la notion du temps. Dans sa tête cela se résume à : « Ben ?? mais elle est ou l’herbe pour que je joue/pisse/me roule dedans/mange mon caca ? Etrange…Signalons vite cela de manière adéquate à mon environnement… ». Quand vous habitez au-dessus cela permet de très vite s’avoir écrire homicide dans toutes les langues de la Terre. Et forcement quand leur maitre rentrait les chiens étaient contents et donc n’aboyaient plus. Du coup vous passez pour le relou qui ne supporte rien quant au détour de l’escalier vous essayez de signaler que ça vous bourre léger de devoir vivre avec des boules Quies quand vous travaillez à la maison.

Le pire fut toutefois atteint lorsque le Voisin du dessus (avec encore un grand V) se décida de manière fort logique à acheter un piano. La justesse de son jugement fut complètement validée par la facilité avec laquelle il réussit en 3 jours seulement à hisser son instrument du rez-de-chaussée jusqu’au 25eme étage. Dans ma grande mansuétude j’avais pourtant proposé de le démonter touche par touche à la masse de chantier pour accélérer le déblocage de l’ascenseur. Mais force est de constater que cela ne sert à rien d’être sympathique. Là où l’on toucha au divin c’est lorsque suite à une longue réflexion, notre cher voisin décida que le moment idéal pour en jouer se situait vers minuit, heure bien connue des mélomanes pour proposer de bien meilleures sonorités. Face à tant de génie, je me décidais donc à monter le voir pour lui prouver que sa tête pouvait sans problème passer à travers sa porte. En ouvrant la porte je me retrouvais toutefois sans voix quant au lieu de s’excuser platement il me fit remarquer que cela ne se faisait pas de sonner chez les gens si tard dans la nuit.

C’est ce jour-là où je perdis définitivement foi en l’humanité (et où je pris ma carte du Parti pour l’Invasion par des Super-Soldats Extraterrestres).