Rétrospective

2. octobre 2018

 

J’étais assis à mon bureau dans l’open-space avec 7 autres personnes autour de moi et j’ai soudain eu une révélation. J’ai réalisé que toutes ces personnes bossaient sur un produit que j’avais créé et imaginé. Mieux que ça, nous étions tous payés pour bosser dessus.

 

C’est quand même une histoire de fous si on y réfléchit. Babylon (sans le .js) a été initialement créé en 2010 pour Silverlight 5 (qui connaitra une fin bien triste). Je me suis par la suite spécialisé avec David Rousset sur les technologies Web et c’est en 2011 que j’ai pu porter Babylon en Babylon.js puisque nous (c’est-à-dire Microsoft) allions sortir Internet Explorer 11 avec le support de la 3D via WebGL me permettant de trouver tout ce dont j’avais besoin pour mon portage.


C’était alors un petit projet personnel sur lequel je passais pas mal de mon temps libre. On s’en servait essentiellement avec David pour se faire inviter dans les conférences techniques ce qui nous permettait de parler de Internet Explorer (puis de Edge) comme des gros fourbes d’évangélistes.


J’ai, par la suite, fais évoluer ma carrière en partant à Seattle et Babylon.js restait toujours mon « pet project », le bout de code que tu construits pour le plaisir de développer.


Le truc c’est qu’au bout d’un moment la communauté à commencer à bien accrocher à certaines de nos idées comme la simplicité avant tout, l’usage de TypeScript (Merci David de m’avoir convaincu là-dessus) et le fait que nous étions turbo-réactifs sur les questions/bugs. A tel point que certaines entreprises ce sont mises à se servir de Babylon.js dans des projets pros.


Jusqu’à ce jour de 2017 ou quelqu’un chez Microsoft s’est rendu compte que Babylon.js était utilisé par un paquet de leurs produits comme PowerPoint, Xbox GamePad et Avatar, Visio, Dynamics, etc… Du coup avoir une team dédiée qui pourrait faire évoluer le produit tout en le gardant open source avait de plus en plus de sens.

 

Et c’est ainsi que je me suis retrouvé à la tête d’une équipe de 7 personnes qui bossent sur un truc que j’ai commencé comme un jeu, un weekend dans un appartement parisien qui sentait le moisi avec vue sur une voie ferrée.

 

Je ne sais pas trop si j’ai eu du nez ou beaucoup de chance mais je peux vous dire que chaque matin je me lève en appréciant ma chance.